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Page:Revue des Deux Mondes - 1888 - tome 89.djvu/951

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




14 octobre.

C’est demain sans plus tarder que nos chambres françaises vont se retrouver au Luxembourg et au Palais-Bourbon, pour une session extraordinaire nécessairement limitée à quelques semaines. C’est d’ici à peu de jours, peut-être dès les premières séances, que vont s’élever, au milieu des ardeurs des partis, toutes ces questions confuses et irritantes qui assourdissent, déconcertent et troublent depuis quelque temps l’opinion. A la vérité, avec un peu de bon esprit et de bonne volonté, cette session pourrait avoir un programme bien simple. Il y a une affaire sérieuse, pressante, qui domine toutes les autres, qui devrait suffire à un parlement soucieux des intérêts du pays : c’est le budget, c’est la nécessité de remettre, à défaut d’un équilibre toujours fuyant et plus que jamais insaisissable, une certaine clarté, un certain ordre dans les finances publiques ; mais ce serait un peu naïf de croire qu’on va d’abord s’occuper des intérêts du pays, que ce parlement, jusqu’ici incohérent et troublé, revient avec un sentiment plus juste de ses devoirs, avec l’intention décidée de rendre à la nation française la paix sociale, politique et morale qu’elle réclame. Il faudra avant tout, c’est plus que vraisemblable, se débattre avec les interpellations, avec toutes ces questions de dissolution, de révision qui obsèdent et divisent les esprits ; il faudra s’expliquer pour ne pas s’entendre, c’est sûr, — et il le faudra parce qu’on ne pourra pas l’éviter, parce qu’on a créé cette situation tristement anarchique où il n’y a presque rien de possible, où le radicalisme qui est au pouvoir avec le ministère de M. Floquet n’a pas trouvé de meilleur moyen que de se faire le complice de toutes les agitations, d’aggraver la confusion et le désordre dans l’administration de la France.

Un des mots les plus curieux qui aient été dits depuis longtemps est celui qui est récemment échappé à M. le ministre des affaires