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Page:Revue des Deux Mondes - 1888 - tome 89.djvu/725

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détenues en grande partie en Angleterre, et leurs porteurs, à cause de l’éloignement, de l’insouciance, des difficultés d’enregistrement, etc., n’exercent que peu d’influence sur les destinées de ces entreprises confiées aux soins de directeurs plus ou moins scrupuleux, qui souvent jouent du dividende annuel pour déterminer à leur gré la hausse ou la baisse sur les titres à New-York. On fait en ce moment de sérieux efforts au-delà du détroit pour corriger cet état de choses et décider les actionnaires à défendre leurs intérêts.

Les idées de hausse continuent à prévaloir à Berlin. Le mouvement remonte, on le sait, au printemps dernier, à l’époque où un emprunt mexicain eut un succès retentissant sur les places allemandes et fit immédiatement une prime de 7 à 8 pour 100, largement dépassée depuis. Le public berlinois ayant décidément repris le chemin de la Bourse, les affaires sur ce marché se sont fort développées. Quelques chiffres donneront l’idée des progrès effectués depuis six mois sur toutes les catégories de valeurs. Le rouble a été porté de 166 à 220, le 5 pour 100 russe 1873 de 89.75 à 97.50, la rente hongroise de 76.50 à 85, les Chemins autrichiens de 86.25 à 107, les Lombards de 30 à 47, le Varsovie-Vienne de 130 à 168, le chemin de fer du Mecklembourg de 133 à 157, le Marienbourg de 48 à 71, l’Est prussien de 76 à 116, le Crédit mobilier d’Autriche de 138 à 165, le Discontogesellschaft de 195 à 232.

Cette plus-value considérable sur tant de titres divers à l’étranger, à Vienne, Berlin et Londres, explique et justifie la hardiesse avec laquelle la spéculation sur notre place a continué, pendant la seconde partie du mois, malgré les hésitations dont le marché des rentes faisait preuve, la campagne de relèvement sur les valeurs à revenu variable. Les titres des établissemens de crédit ont été surtout en grande faveur. La Banque de France, sous le stimulant des bénéfices à attendre de l’élévation du taux de l’escompte, a été portée de 3,825 à 3,910. Le Crédit foncier s’est avancé de 1,365 à 1,378.75, la Banque de Paris de 852.50 à 881.25, le Crédit lyonnais de 620 (ex-coupon de 10 francs) à 627.50, la Société foncière lyonnaise de 337.50 à 351.25, la Société générale de 478.75 à 490, le Crédit mobilier, de 410 à 452.50.

Les actions des banques qui ne se négocient qu’au comptant sont au contraire restées immobiles ; ainsi du Comptoir d’escompte, du Crédit industriel, de la Banque transatlantique, de la Compagnie algérienne, du Crédit algérien, etc.

La Banque des Pays autrichiens a été ramenée à 495, après avoir atteint un moment 525. Les résultats du premier semestre sont fort satisfaisans, mais l’établissement a subi une perte importante par suite d’une grosse faillite à Vienne. La Banque ottomane a oscillé de 545 à 555, tandis que le Turc regagnait le coupon semestriel détaché le 13 courant. La Deutsche Bank a traité avec la Porte pour l’emprunt