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Page:Revue des Deux Mondes - 1888 - tome 89.djvu/645

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M. Stowell donne une description détaillée pour en faire apprécier les avantages. Ils offriront sans doute d’utiles enseignemens aux grandes exploitations pratiquées dans d’autres pays, notamment en Russie, et il en est de même du contrôle sévère auquel est soumis aux États-Unis le raffinement du pétrole, contrôle exercé par la société nommée Standard Oil Company.

Le savant américain conclut par une déclaration très significative, en disant qu’il serait impossible de formuler rien de précis sur l’avenir de l’industrie du pétrole aux États-Unis, parce que le hasard et l’imprévu y jouent un trop grand rôle. Toutefois, il pense qu’il y a diminution dans le nombre des puits et qu’il en résulte un décroissement dans le total de la production, tandis que la consommation et les demandes adressées de toutes les parties du monde vont toujours en croissant. Or, M. Stowell est d’avis que la production du pétrole dans les États-Unis, très considérable aujourd’hui, se maintiendra à son niveau pendant bien des années encore, mais il ne se dissimule point le peu de chances qu’il y a de découvrir de nouveaux centres de production, les contrées les plus productives des États-Unis ayant été complètement exploitées.


III

Tandis que la substance précieuse qui contribue si largement à la richesse des États-Unis se trouve répandue sur une vaste surface, en Russie son exploitation actuelle est concentrée dans une localité tellement restreinte qu’elle ne constitue qu’une fraction pour ainsi dire microscopique du grand domaine américain. Cette localité est représentée par une saillie de la côte occidentale de la Caspienne, qui s’avance en une presqu’île nommée Apcheron et porte la ville de Bakou, devenue célèbre par sa prodigieuse fécondité en huile minérale.

La connaissance du pétrole dans la presqu’île d’Apcheron remonte à une époque très reculée. Déjà Marco Polo nous apprend que Bakou fournissait l’huile minérale à plusieurs contrées de l’Asie, même à Bagdad, ce qui prouve que cette branche d’industrie compte au moins cinq siècles. Elle avait acquis une telle importance, que Bakou devint l’objet de combats acharnés entre les rois d’Arménie et de Perse, jusqu’à l’époque où Pierre le Grand s’en empara, et, bien qu’après la mort de ce souverain, Nadir-Chah rentrât en possession de Bakou, cette ville, ainsi que la péninsule d’Apcheron, ne tardèrent pas à être définitivement annexées à la Russie. Apcheron constitue l’extrémité orientale de la chaîne principale du Caucase. Cette saillie se continue au-dessous de la surface de la Caspienne jusqu’au