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Page:Revue des Deux Mondes - 1887 - tome 84.djvu/725

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conversion, et qu’elle impliquait encore la souscription, réservée par privilège aux porteurs des rentes à convertir, à un capital d’environ 165 millions de francs en rentes 3 pour 100. Il a été souscrit un total de 1,799,282 francs de rentes, ce qui représente environ 50 millions de capital, un peu moins du tiers des rentes offertes au public. En fait, le trésor doit rembourser 80 millions en espèces, et écouler environ pour 115 millions en titres de la nouvelle rente. Ce n’est rien en comparaison de ce que l’on pouvait redouter. Mais on ne peut s’empêcher de songer que, si la politique n’avait pas contrarié l’opération de la manière la plus fâcheuse, il n’y aurait en aucun remboursement à opérer, et les rentes offertes auraient été intégralement souscrites.

Depuis l’achèvement de la conversion, deux types de rente ont disparu de la cote, le 4 pour 100 et le 4 1/2 ancien ; ils sont remplacés, mais à titre temporaire, par un 3 pour 100 nouveau libéré, jouissance janvier 1888, qui, dans un mois, sera confondu avec l’ancien, et par un 3 pour 100 nouveau non libéré, qui conservera sa cote spéciale jusqu’en juillet 1888, époque fixée pour le dernier versement.

Pendant que le 3 pour 100, après avoir fléchi d’abord de 80.87 à 80.40 sur la démission du ministère Rouvier, se relevait de 80.40 à 81.80 sur l’annonce de la démission du président de la république et sur l’heureuse issue de la conversion, la rente amortissable s’élevait de 83.90 à 34.95, et le 4 1/2 nouveau de 106.87 à 107.32. Les cours ont été constamment très soutenus sur le marché du comptant. La cote des obligations du Crédit foncier et de nos grandes Compagnies a présenté très peu de fluctuations. A aucun moment, la crainte de complications intérieures n’a provoqué un commencement de déclassement. L’obligation Nord est restée à 405 francs, celle de l’Orléans à 400, les autres à leurs prix antérieurs, plus ou moins rapprochés du cours rond.

La Banque de France avait monté, sur quelques achats effectués en vue des bénéfices que cet établissement pourrait retirer du concours promis éventuellement au trésor pour la conversion. Une fois les résultats constatés, les espérances de bénéfices exceptionnels se sont évanouies, et l’action est revenue à 4,250. Le Crédit foncier a repris environ 15 francs à 1,380, la Banque de Paris 10 francs à 755, le Gaz 12 francs à 1,312, le Suez 22 francs à 2,012. Plusieurs établissemens de crédit, comme la Banque d’escompte, le Crédit lyonnais, le Crédit mobilier, la Banque ottomane, la Lænderbank autrichienne, la Banque des pays hongrois, ont monté de quelques francs. Parmi les actions de chemins de fer, celles du Nord et du Midi chez nous, celles des Chemins Méridionaux à l’étranger, accusent seules un certain progrès.

La hausse considérable des prix du cuivre a produit une vraie