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Page:Revue des Deux Mondes - 1887 - tome 84.djvu/583

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La
question homérique


Histoire de la littérature grecque, par M. Alfred et Maurice Croiset. — Tome Ier, Homère, la Poésie cyclique, Hésiode, 1 vol. in-8°, Ernest Thorin.


Il y a, disions-nous ici même, dans une étude dont se souviennent peut-être encore quelques-uns des lecteurs de la Revue[1], il y a bien des manières de lire Homère, et, ce jour-là, nous cherchions à montrer quel parti l’archéologue pouvait tirer de l’Iliade et de l’Odyssée pour l’histoire des arts primitifs de la Grèce et de son industrie naissante. Aujourd’hui, c’est à un autre point de vue que nous nous placerons pour rouvrir et feuilleter ces poèmes, que ne saurait manquer de relire plusieurs fois dans sa vie tout homme qui aime les lettres grecques et qui a eu l’honneur de les enseigner. L’attention de tous ceux qui s’intéressent encore à l’antiquité vient d’être appelée de nouveau sur un problème qui divise les meilleurs esprits et qui, dans les premières années de ce siècle, a provoqué des débats passionnés sur ce que l’on est convenu d’appeler la Question homérique.

Ce réveil d’une discussion qui a longtemps occupé la critique et qui n’est pas près de finir, nous le devrons à un ouvrage dont le premier volume, le seul qui ait paru jusqu’ici, est presque tout entier consacré à la poésie épique ; nous voulons parler de cette Histoire de la littérature grecque, au frontispice de laquelle on fit les noms de deux frères, M. Alfred et Maurice Croiset. L’un et l’autre étaient bien préparés à l’entreprise en vue de laquelle ils ont asso-

  1. Homère, d’après les plus récentes découvertes de l’archéologie, 15 Juillet 1885.