Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1887 - tome 84.djvu/449

Cette page n’a pas encore été corrigée


Théâtre de l’Opéra : Le centenaire de Don Juan. — La cinq-centième représentation de Faust.


Les solennités se succèdent à l’Opéra. On y a fêté Mozart, on y a fêté Gounod ; l’un avec respect, l’autre avec amour. Que voulez-vous ? Gounod n’a pas, comme Mozart, ce défaut capital dont parlait Henri Heine : celui d’être mort. Il est vivant, et très vivant ; on s’en est bien aperçu l’autre soir.

N’allons pas au moins, sous prétexte de coïncidence entre les deux anniversaires, égaler les deux maîtres. Gounod serait le premier à nous en vouloir. Mozart n’est pas le plus grand des musiciens ; comme disait Rossini, il est le seul, il est le dieu ; Gounod n’est que l’un de ses prophètes. Et pourtant, de ces deux œuvres inégales : Don Juan et Faust, inégales parce que la première n’a jamais en et n’aura peut-être jamais d’égale, de ces deux œuvres représentées devant le même public, dans le même appareil, la seconde a eu le succès le plus grand, la seconde a paru la plus émouvante et la plus belle. Il faut bien le dire : Don Juan a pâli, a langui ; on s’est ennuyé, oui, ennuyé, en écoutant cette merveille. Demandez-le au public : au public officiel du