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Page:Revue des Deux Mondes - 1887 - tome 84.djvu/150

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Au point de vue politique, il y a enfin intérêt à constater comment les producteurs recenses dans la classe des professions industrielles se répartissent entre les centres de population de diverse importance. Le recensement du 5 juin 1882 donne ces chiffres :

Hommes Femmes
Villes avec plus de 100,000 habitans : 535.569 181.724
Villes de 100,000 à 20,000 habitans : 715.648 184.054
Villes de 20,000 à 5,000 habitans : 1.006.224 223.030
Communes de 5,000 à 2,000 habitans : 919.710 184.711
Communes avec moins de 2,000 habitans : 2.091.238 353.457


Empire d’Allemagne, ensemble : 5.269.489 1.126.976


Berlin, Hambourg, Francfort, Hanovre, Breslau, Dusseldorf, Elberfeld, Altona, Nurenberg, la plupart des grandes villes sont aujourd’hui représentées au Reichstag par des députés socialistes. Dans les centres industriels, où les démocrates socialistes n’ont pas la majorité, ils comptent dès maintenant des minorités imposantes, dont le chiffre va croissant à chaque élection nouvelle et augmente en proportion de l’accroissement de la population, Nulle part le socialisme n’a fait autant de progrès que dans le royaume de Saxe, celui des pays allemands dont la population est la plus dense, dont l’industrie est la plus développée, où le culte protestant domine à peu près exclusivement comme religion. Lors du recensement de 1880, la population de l’Allemagne se répartissait, au point de vue des cultes, en 28,331,152 protestans, 16,232,651 catholiques, 561,612 Israélites, le reste appartenant à d’autres sectes ou sans culte avoué. Les catholiques prédominent par le nombre en Bavière, dans le pays de Baden, en Alsace-Lorraine, dans les provinces prussiennes du Rhin, de Hesse-Nassau, de Posen, de Silésie et de Westphalie. Sans aucun doute, l’influence du clergé et les pratiques religieuses plus développées au sein des populations ouvrières catholiques de l’Allemagne ont arrêté parmi celles-ci la propagande du socialisme. Aussi bien est-ce là un des motifs pour lesquels le gouvernement allemand et le prince de Bismarck proclament maintenant la solidarité des intérêts conservateurs et de l’esprit religieux par l’abrogation des lois édictées sous le régime du Culturkampf. Une expérience aussi décisive que pénible apprend au plus puissant des hommes d’état contemporains à reconnaître la religion comme première garantie d’ordre public. Le conseiller intime Illing, dans un rapport sur l’augmentation de la criminalité en Prusse pendant les trente dernières années, dit de son côté : « Pour