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Page:Revue des Deux Mondes - 1887 - tome 81.djvu/610

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I. PEINTURE.


On ne saurait comprendre l’évolution qu’accomplit en ce moment l’art de peindre, si l’on ne partage l’amour toujours croissant de la génération actuelle pour le paysage et, en général, pour tous les phénomènes extérieurs. Depuis qu’à la suite de Jean-Jacques Rousseau et de Chateaubriand, les grands écrivains de 1830, George Sand, Balzac, Victor Hugo, Michelet, Théophile Gautier, ont rouvert nos yeux longtemps aveugles aux joies inépuisables du spectacle des choses ; depuis qu’ils ont inventé et perfectionné, en l’honneur de la nature, une langue assez souple et assez éclatante pour en exprimer les aspects les plus variés et pour en traduire les plus vives couleurs, les peintres, de leur côté, ont vaillamment mené la besogne dans le même sens. Paul Huet, Corot, Théodore Rousseau, Troyon, Millet, et bien d’autres, ont renouvelé, avec une sincérité oubliée depuis les grands Hollandais du XVIIe siècle, l’art de fixer, sur des toiles, les émotions profondes et douces que communiquent à des âmes saines l’inaltérable beauté de la campagne et la simplicité puissante des occupations rustiques. Les effets de cette passion prolongée pour le paysage, dans la littérature et les arts, se font sentir aujourd’hui