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Page:Revue des Deux Mondes - 1887 - tome 81.djvu/554

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I. L’ÉCOLE INDUSTRIELLE. — L’ASILE TEMPORAIRE.

Il est difficile de dire, d’une façon précise, combien de protestans vivent à Paris ; les statistiques officielles du recensement quinquennal ne fournissent à cet égard que des chiffres approximatifs ; je n’en pas douter lorsque j’eus à m’occuper des élémens divers qui composent la population parisienne. L’israélite ne dissimule point sa croyance, il la confesse et s’en fait gloire, car il appartient au peuple de Dieu et date des premiers jours de la création. Pour plus d’un protestant, il n’en est point ainsi : un souvenir redoutable pèse sur les églises de la réforme, et la révocation de l’édit de Nantes, qui fut une des fautes irréparables de la monarchie française, n’est point encore oubliée. Les feuilles de recensement peuvent si facilement devenir des listes de proscription, que bien des hommes timides ont répondu sans franchise aux questions qui leur étaient adressées. Crainte chimérique et défiance mal justifiée ; à moins, cependant, que ce que l’on nomme le progrès des lumières n’engage la libre pensée à dissoudre les associations protestantes, comme elle a déjà dispersé quelques associations catholiques. Cela est peu probable, mais l’attentat commis contre les manifestations d’un