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Page:Revue des Deux Mondes - 1887 - tome 81.djvu/473

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




14 mai.

On ne pouvait guère en douter, les crises de gouvernement et de parlement ne sont pas finies pour la France. Elles ont été tout au plus interrompues ou ajournées pendant ces courtes vacances, qui ont eu d’ailleurs la triste fortune d’être marquées par une pénible diversion d’un autre genre. Maintenant les vacances sont passées, la trêve est expirée. Nos assemblées sont rentrées depuis quelques jours au Luxembourg et au Palais-Bourbon. Sénateurs, députés et ministres voyageurs sont revenus de leurs excursions algériennes avec leurs lauriers, et, malheureusement aussi, autant qu’on le peut voir, avec leurs passions et leurs préjugés, avec leurs prétentions et leurs imprévoyances. Ils sont tous revenus, les uns et les autres pour retomber dans la situation qu’ils avaient laissée en partant, pour se retrouver du premier coup entre des discussions inutiles, probablement périlleuses, au moins intempestives, comme la discussion de la loi militaire, et les conflits ministériels, parlementaires qu’ils avaient préparés, qui n’étaient que suspendus. Les vacances sont finies, les agitations et les crises recommencent : c’était inévitable ! Si M. le président du conseil avait cru conjurer le danger en profitant de ses derniers jours de liberté pour aller prononcer au Havre un de ces discours où l’on a l’air de tracer un programme et où l’on ne dit rien, il n’a pas tardé à être détrompé. A peine la session est-elle rouverte, on est plus que jamais en plein gâchis, avec la perspective d’un duel prochain entre le gouvernement et la commission du budget, qui, au surplus, il faut leur rendre justice, ne paraissent ni l’un ni l’autre savoir bien exactement où ils en sont.

Ce qu’il y a de plus curieux, c’est qu’on s’en étonne qu’on ne finisse