Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1886 - tome 73.djvu/846

Cette page n’a pas encore été corrigée


hectares 20 ares à 115 hectares ; 13,748 propriétaires ont des domaines de 115 à 575 hectares ; 4,695 autres détiennent des étendues de 575 à 5,750 hectares, et enfin il se rencontre au sommet de cette pyramide dont la base est fort large, mais dont les degrés moyens sont étroits, 231 seigneurs terriens qui ont chacun en propriété plus de 5,750 hectares. Les 211 propriétaires principaux inscrits d’office récemment sur le tableau des magnats paient ensemble 3,130,000 florins, plus de 6 millions de francs d’impôt foncier, soit la huitième partie du produit total de la contribution foncière. La très grande et la petite propriété coexistent ainsi dans la Transleithanie ; mais la deuxième attend encore des héritages qu’elle se partagera dans un temps plus ou moins prochain ; quoique les conditions physiques de la Hongrie, qui se compose en grande partie d’énormes plaines, et le peu de densité de la population soient favorables à des exploitations étendues, il n’est ni naturel ni utile que d’énormes domaines comme ceux que nous avons indiqués, en l’absence de lois restrictives, se perpétuent pendant bien des générations.

Voisine de la Hongrie, l’Autriche ne paraît guère différer de sa sœur et de son alliée ; la très grande propriété, quoiqu’elle s’y rencontre, surtout en Bohême et en Moravie, y a peut-être un peu moins d’importance ; mais elle y offre encore de superbes restes. Pour une superficie de 30 millions d’hectares, dont 28,300,000 sont sujets à l’impôt, les autres étant regardés comme improductifs, l’Autriche compte 5,198,904 cotes foncières qui correspondent à 4,116,216 contribuables, la part moyenne de chacun atteignant près de 7 hectares. Les parcelles sont au nombre de 52 millions, c’est-à-dire de 10 par cote et d’une contenance moyenne de 57 ares. C’est, on le voit, une division considérable : la propriété bâtie doit être pour beaucoup dans ce morcellement. Comme la Hongrie, l’Autriche ne connaît guère le fermage, qui est un mode de tenure réservé presque à l’Europe occidentale. Sur les 18 millions et demi d’hectares, en dehors des terrains boisés qui constituent les exploitations agricoles proprement dites, il ne s’en trouve guère que la vingtième partie qui soit affermée. Les grands propriétaires terriens, ceux qui paient plus de 2,500 francs d’impôt foncier dans une même circonscription, étaient au nombre de 1,133 en 1883, et ils se répartissaient en 596 nobles, 347 bourgeois, 73 communes, 23 églises, 52 couvens, 20 fondations pieuses et 22 sociétés industrielles.

L’empire d’Allemagne, surtout dans les régions de l’ouest et du sud, est beaucoup plus dégagé que l’Autriche et la Hongrie des vieux liens qui enlaçaient la société féodale. Les districts des bords