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Page:Revue des Deux Mondes - 1886 - tome 73.djvu/773

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La Pérouse et de l’Alcibiade, MM. Fournier et Laguerre. Ces noms n’étaient pas ceux des premiers venus. Quiconque a gardé la mémoire du brillant personnel dont se composa la marine du gouvernement de juillet en citerait difficilement de plus universellement estimés. Pour nous rendre compte des motifs qui dictèrent les résolutions de ces trois vaillans capitaines, il est indispensable de faire une rapide inspection des lieux et d’examiner sommairement les conditions de l’entreprise à laquelle on les conviait.

La baie de Vera-Cruz est semée de bancs de coraux qui, à marée basse, se trouvent presque à fleur d’eau. Quelques-uns de ces écueils ont été, comme le haut fonds de Sacrificios, convertis par les apports des vents en îlots de sable. De Sacrificios au fort d’Ulloa la distance est de trois milles ; elle est d’un mille à peine, mesurée entre l’îlot et la partie de littoral qui lui fait face. Vers le nord-est se prolongent, jusqu’à quatre milles au large, les récifs de Pajaros, de l’île Verte et de l’Anegada de Adentro, laissant entre eux des passes plus ou moins larges. A la hauteur de Vera-Cruz vous rencontrez une seconde chaîne presque parallèle à la première : la Lavandera, la Gallega et la Galleguilla. Le récif de la Gallega est le plus considérable, il affecte une forme oblongue. Sa longueur, du sud au nord, peut être évaluée à 2,600 mètres ; sa largeur, de l’est à l’ouest, ne dépasse guère 1,200 mètres. Le fort d’Ulloa occupe l’angle sud-ouest de ce plateau rocheux. Du fort à la ville, vous ne compterez pas plus de six encablures : le canon d’Ulloa tient donc Vera-Cruz à sa merci. Les bâtimens mouillent aussi près que possible de la forteresse : ce poste est celui qui leur offre le meilleur abri ; des bâtimens du tirant d’eau de l’Herminie et de l’Iphigénie peuvent y avoir accès. Le chenal est cependant étroit et assez difficile à suivre. Quant au fort, vous pouvez vous le représenter comme un parallélogramme flanqué de quatre bastions. Les deux grands côtés, dirigés à peu près de l’ouest-nord-ouest à l’est-sud-est, mesurent chacun 200 mètres ; les petits côtés en mesurent 140. Le bastion de l’est, sur la face qui regarde la haute mer, porte le nom de bastion de la Soledad ; celui de l’ouest est le bastion de Santiago. Sur la face qui regardé le sud et la ville, on trouve à droite, en se tournant vers la terre, le bastion de San-Pedro, à gauche, le bastion de Saint-Crispin. Presque à toucher le bastion de Saint-Crispin, s’élève un cavalier qui recouvre le grand magasin à poudre.

En avant du front du large est jetée une demi-lune qui masque et protège la porte du fort. A droite et à gauche de la demi-lune s’étendent deux batteries rasantes : la batterie de San-Miguel et la batterie de Guadalupe. L’espace compris entre les extrémités de