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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/452

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l’importation des criminels ou récidivistes. Le règlement des pêcheries dans les eaux australasiennes au-delà des limites territoriales serait également du ressort du conseil, ainsi que l’extension de jugemens civils et de procédure criminelle de quelque colonie que ce fût, enfin tout ce qui pourrait être soumis au conseil et comprendrait les matières suivantes : la défense générale du pays, les quarantaines, les brevets d’invention et les découvertes, le droit de propriété littéraire, les lettres de change et promesses de paiement, l’uniformité des poids et mesures, la confirmation dans les autres colonies de tout mariage ou divorce célébré ou prononcé dans une des colonies ; de même pour les lois de naturalisation et des étrangers, et celles des syndicats ou corporations et des compagnies par actions, enfin pour toute autre question d’intérêt général. La convention ne s’est pas dissoute sans nommer auparavant un comité de ministres, dont le premier de la colonie de Victoria est président.

La principale raison qui a conduit les colonies à s’assembler en convention, à chercher à se confédérer en une espèce de Dominion comme celui du Canada, et à élire un congrès futur pour le règlement de toutes les questions et la promulgation de toutes les lois intercoloniales, a été en réalité la crainte si vive que leur inspirent les déportés de la Nouvelle-Calédonie et le projet du gouvernement français de réléguer une partie de ses récidivistes dans cette colonie. Plusieurs des transportés, échappés de Nouméa, sont venus à différentes reprises terrifier Victoria, la Nouvelle-Galles du Sud, Queensland.

Le 11 décembre 1883, onze déportés s’étaient emparés d’une barque ou cotre et avaient fait voile pour l’Australie, emmenant le capitaine prisonnier. Le 19, une embarcation était arrivée à Maryborough, (jans la colonie de Queensland, avec huit condamnés français libérés, que la police locale s’était empressée d’arrêter. Enfin, le 5 février 1884, le chef-secrétaire de Victoria télégraphiait à l’agent général de cette colonie à Londres d’informer le secrétaire d’état- des colonies, lord Derby, de l’arrivée à la Nouvelle-Calédonie d’un nouveau contingent de condamnés. Il résultait d’une enquête officielle que le nombre des transportés évadés de la Nouvelle-Calédonie et réfugiés dans la seule colonie de Victoria était de trente-trois. Sur ce chiffre, trois seulement vivaient d’une façon honnête, treize vivaient de la prostitution, douze étaient en prison, un avait été condamné pour meurtre, un avait été extradé dans la Nouvelle-Galles du Sud.

La Nouvelle-Calédonie est distante de l’Australie, de Sydney à Nouméa, de 1,960 kilomètres. Il faut quatre ou cinq jours à un bon navire à vapeur pour franchir cette distance, et assurément une