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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/448

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principales sont : Viti-Levu ou la Grande-Viti, Vanua-Levu ou la Grande-Terre, Vuna, Kamea, Koro, Ovalau, Kandavu. Il y a, comme dans toute la Polynésie, des îles volcaniques, à l’aspect sauvage et grandiose, et des îles de coraux, bâties par les polypiers, « ces faiseurs de mondes, » comme disait Michelet, et couronnées pittoresquement de bouquets de cocotiers. Ces dernières îles sont de forme circulaire ou ovale, la mer occupe le milieu du cercle, ce qu’on appelle le lagon ; souvent un volcan sous-marin est au fond de l’eau, autour duquel les polypiers ou madrépores ont bâti leurs murs de coraux.

Le climat des Fidji est salubre et la chaleur tropicale est tempérée pendant neuf mois par les vents alizés du sud-est.

La population de toutes les îles était, en 1882, de 130,270 habitans. Il y avait 2,000 Européens, Anglais, Allemands, créoles. La différence entre l’immigration et l’émigration a été de 2,3A6 individus en 1880. En 1878, la Polynésie orientale a fourni 1,500 travailleurs. Un envoi de coolies de l’Inde, en 1879, n’a guère réussi.

Viti-Levu, la plus grande des îles, est presque aussi étendue que la Jamaïque et renferme 50,000 habitans. Elle est arrosée par de nombreuses rivières, dont une, Rewa, est navigable. Vanua-Levu a 30,000 habitans. Son étendue est trois fois celle de l’île Maurice, notre ancienne île de France.

Les indigènes fabriquent des canots et se livrent activement à la pêche. On cultive les céréales, notamment le maïs, le riz, et les arachides, la canne à sucre, le café, le colon, le tabac, la patate douce, l’igname, l’arrow-root. On exploite les bois de construction, surtout le kauri ou pin de la Nouvelle-Zélande. On récolte les noix de coco pour en retirer l’huile et la fibre. On a commencé à introduire des machines pour les sucreries. Le café est d’excellente qualité ; on espère égaler un jour la production de Ceylan.

Les îles renferment des mines de cuivre et de plomb qu’on travaille. On pêche le poisson, les anguilles, les huîtres perlières, les tortues de mer, le trépang. Cette dernière pêche est faite par les Chinois, qui envoient chez eux ce produit de la mer, dont ils sont très friands.

On élève 10,000 bêtes à cornes, autant de chevaux ! 11 y a des porcs sauvages. Les poules, les dindons, les oies, tous les volatiles de basse-cour ont été introduits par les Européens.

Lévuka, dans la petite île d’Ovalau, est la capitale, le port principal ; il faut citer aussi Suva, à l’embouchure de la grande rivière Riwa, dans l’île de Viti-Levu.

Le commerce des îles Fidji était estimé, pour 1880, à 10 millions 1/2 de francs, et à 12 millions 1/2 pour 1882. Il s’opère