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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/294

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I. LES CORPORATIONS ET LES SYNDICATS MIXTES.


Mérimée raconte quelque part l’histoire d’un fou qui croyait tenir enfermée dans une bouteille la plus belle princesse du monde et qui finit par mourir de chagrin de ne pouvoir l’en faire sortir. Si les chercheurs de remèdes contre la misère ne parviennent pas davantage à faire sortir quelque chose de la petite bouteille que chacun d’entre eux agite consciencieusement, ils auraient tort cependant de prendre leur aventure tellement au tragique, et de ne pas se consoler par la pensée de l’estime dont on les entoure. Sublime folie serait en tout cas l’ambition de faire disparaître de la surface du monde la misère et son cortège de souffrances, qui, pour tant d’êtres humains, viennent encore aggraver le fardeau déjà si pesant des fatales tristesses. Il faut avoir, en effet, l’optimisme éloquent de M. Renan pour avoir su persuader aux Bretons de Tréguier, fût-ce l’espace d’un dîner, « qu’à part un très petit nombre d’êtres dont il sera possible de diminuer indéfiniment le nombre, il n’y a pas de déshérités du bonheur. » Tel n’était point l’avis de cet autre Breton, le solitaire de La Chesnaye, lorsqu’il s’écriait dans son