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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/218

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Les Réfractaires ; — l’Enfant ; — le Bachelier ; — l’Insurgé.


C’est d’un vilain homme que je vais parler, et, — sans précisément vouloir m’en excuser, auquel cas il serait plus simple, maintenant qu’il est mort, de le laisser tranquille, — je dois dire tout d’abord les raisons que j’ai d’en parler. La première, c’est que « la mort n’est pas une excuse, » comme il l’a dit lui-même, et qu’au contraire elle marque pour chacun de nous l’heure d’être jugé selon ses actes et selon ses œuvres, sans haine, mais aussi sans hypocrisie de sentimentalisme. La seconde, c’est que l’auteur de l’Enfant, du Bachelier, de l’Insurgé, fort éloigné d’avoir jamais été le rare écrivain que l’on est en train d’en faire, cependant, une fois ou deux, n’a pas manqué de quelque talent. On peut dire également du journaliste du Cri du peuple et du membre de la commune que, si les circonstances ne lui ont pas permis d’accomplir tout le mal qu’il rêvait, cependant il aura sa place dans l’histoire d’une insurrection que l’avenir n’amnistiera pas. Mais de tant d’autres raisons que je pourrais encore ajouter, celle-ci sans doute paraîtra la plus forte, que les confessions de Jacques Vingtras ou de Jules Vallès offrent à l’observation l’un des plus « beaux » cas qu’il y ait, des plus complets et des mieux caractérisés d’une maladie qui, plus qu’aucune autre, mériterait vraiment d’être appelée la maladie du siècle : je veux dire l’exaltation de l’amour-propre et l’hypertrophie de la vanité littéraire. Quand cette maladie