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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 40.djvu/950

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




14 août 1880.

Les fêtes, les galas, les ovations, les banquets, les discours et les incidens n’ont pas manqué depuis quelques jours en France ; ils n’ont manqué ni à Paris ni en province. C’est comme une suite des feux d’artifice de l’autre mois, comme un dernier bouquet avant les vacances qui vont sans doute donner à tout le monde, au gouvernement, aux importans de la politique, au pays d’abord, quelques semaines de silence et de repos. Au même instant ou à peu près, dans ces quelques jours qui viennent de s’écouler, tout s’est réuni. Les élections des conseils généraux se sont terminées par une victoire réitérée de scrutin pour le nouveau régime, par des avantages évidens et croissans que les commentateurs officiels ou officieux se hâtent d’interpréter et d’exalter. M. le ministre de l’instruction publique, tout fier de ses réformes universitaires, n’a pas laissé échapper l’occasion de célébrer une fois de plus ses propres mérites en distribuant des couronnes selon l’usage traditionnel à la jeunesse des lycées rassemblée pour une heure dans la vieille Sorbonne, déjà impatiente de se disperser. Le chef de l’état, M. le président Grévy, a fait avec tout l’éclat officiel son voyage à la mer ; il est allé à Cherbourg accompagné de M. le président du sénat, de M. le président de la chambre des députés, d’un certain nombre de ministres, de personnages plus ou moins publics, et, après avoir vu l’armée de terre réunie autour de lui il y a un mois à Paris, il a rendu visite à la marine au milieu du concours empressé des populations normandes ; il a continué et couronné aux bords de la Manche la cérémonie du 14 juillet. La république a ses succès, ses fêtes, ses voyages et ses bulletins. Tous ces faits d’hier ont déjà leur histoire, comme ils ont aussi, à n’en pas douter, leur signification et leur moralité. Ils sont, si l’on nous passe le terme, l’illustration prolongée et variée d’une situa-