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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 37.djvu/391

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améliorations sont dues en grande partie à l’institution des concours et des expositions qui les accompagnent. Les plus importans, au point de vue des résultats, sont les concours régionaux, qui se tiennent chaque année dans les diverses régions agricoles du pays et successivement dans chacun des départemens qui la composent. Ils comprennent l’ensemble de l’outillage et de la production de la contrée et donnent lieu à des récompenses non-seulement pour les objets exposés, mais aussi pour les terres les mieux tenues et les propriétés les mieux cultivées.

Grâce à ces expositions multiples, le paysan, même dans les contrées les plus reculées, a pu se rendre compte de l’utilité de l’emploi de tel ou tel instrument, de la supériorité de telle méthode de culture, de la préférence à donner à telle ou telle race de bétail. Son esprit s’est ouvert au progrès, et les conversations qu’il a pu avoir lui ont appris bien des choses qu’il ignorait. Cette heureuse influence a trouvé un puissant auxiliaire dans lès sociétés d’agriculture qui se sont créées sur tous les points du territoire et qui, dans chaque département, ont pour objet la défense des intérêts agricoles et le perfectionnement des méthodes. Au-dessus de ces sociétés locales est la Société libre des agriculteurs de France, qui embrasse le pays tout entier et qui compte près de 4,000 membres. Fondée par l’initiative de M. Drouyn de Lhuys, qui l’a présidée pendant longtemps et qui a su se désintéresser des luttes stériles de la politique pour se consacrer à cette œuvre vraiment patriotique, elle compte parmi ses membres tout ce qu’il y a en France de grands propriétaires et de cultivateurs amis du progrès ; elle est en rapport avec les sociétés départementales et avec les sociétés étrangères ; elle met à l’étude certaines questions et consacre ses ressources à fonder des prix culturaux et à récompenser les services divers rendus à l’agriculture. Plus haut encore dans la hiérarchie est la Société nationale d’agriculture de France, composée d’un nombre limité de membres nommés à l’élection, et qui, s’occupant de l’agriculture et des sciences qui s’y rattachent à un point de vue théorique, constitue une véritable académie. Son caractère essentiellement scientifique lui donne une autorité incontestable et permet au gouvernement de faire appel à ses lumières dans les questions souvent difficiles sur lesquelles il peut avoir à se prononcer.

C’est grâce aux efforts désintéressés de tous ces hommes amis du bien public que, depuis environ trente ans, la France a fait en agriculture des progrès dont à bon droit elle peut se montrer fière, et qui ont porté particulièrement sur trois points, le perfectionnement des méthodes de culture, l’amélioration et l’accroissement du bétail, l’emploi de plus en plus fréquent des machines agricoles.