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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 37.djvu/386

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De pommiers, de poiriers, de noyers, donnent un aspect boisé qui lui a valu le nom de Bocage.

Les petites exploitations, qui dominent dans la Bretagne, sont au nombre de 271,802 ; les exploitations moyennes au nombre de 118,722 et les grandes au nombre de 18,317.

La région du sud-ouest comprend les anciennes provinces de l’Aunis, de la Saintonge, de l’Angoumois, de la Guyenne, de la Gascogne, du Béarn et une partie du Languedoc. Elle présente un immense plateau ondulé, dans lequel la Charente, la Dordogne, la Garonne et le Lot, ont creusé de larges et belles vallées, et limité au sud par les Pyrénées, qui lancent vers le nord leurs chaînons latéraux. Le climat, sauf dans la partie montagneuse, est tempéré, les hivers y sont doux et les pluies assez abondantes, surtout sur le littoral, pour que la sécheresse n’y soit pas à craindre.

La principale culture de cette région est la vigne, dont les pampres traînant sur le sol alternent souvent avec des champs de maïs et des prairies ombragées de vieux châtaigniers. Les vignobles se pressent de plus en plus à mesure qu’on s’avance vers le sud, ils donnent dans les Charentes des vins qui servent à fabriquer les eaux-de-vie qui ont rendu célèbre le nom de Cognac, dans le Bordelais, ces crus incomparables que le monde entier se dispute, dans le sud, des vins moins délicats, mais d’une consommation courante. Malheureusement le phylloxéra, qui vient de faire son apparition, menace d’y tarir cette source de richesse. Les belles vallées de la Garonne, de la Dordogne, de l’Isle sont couvertes de prairies verdoyantes où s’élèvent les bœufs de la race garonnaise. Les plaines sont livrées à la culture des céréales, parmi lesquelles le maïs tient une place notable, et à la culture maraîchère, qui est très prospère dans le voisinage des grandes villes. Les Pyrénées parcourues par de nombreux troupeaux pourraient devenir aussi prospères que le Jura et la Suisse, si les habitans plus instruits savaient comprendre que l’herbe et le bois doivent être la base de leur économie rurale, s’ils ménageaient avec soin leurs forêts, s’ils irriguaient leurs pâturages et s’ils savaient s’associer pour fabriquer en commun le beurre et les fromages. Des essais de fruitières ont été tentés sur l’initiative d’un sous-inspecteur des forêts, M. Calvet, dont les efforts finiront sans doute par triompher de l’inertie montagnarde. Le département des Landes, qui formait autrefois le long de l’Océan une vaste plaine stérile couverte d’ajoncs et de marécages, envahie par les dunes, est aujourd’hui assaini et livré à la culture, tandis que les plantations de pins arrêtent le mouvement des sables et forment une vaste forêt le long du littoral.