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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 37.djvu/379

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I. LES PROGRÈS ACCOMPLIS

Au milieu d’une prospérité financière sans exemple, la France est depuis quelques années sous le coup d’une crise industrielle et agricole, attribuée par les uns au régime économique inauguré en 1860, par les autres à des causes multiples et complexes qui ont fait sentir leurs effets sur l’Europe entière. M. Maurice Block a déjà ici même exposé la situation économique des différens pays [1] et montré avec sa sagacité habituelle que, par le fait même de sa généralité, cette crise ne peut être la conséquence des traités de commerce et que le retour au régime protecteur ne saurait en être le remède. Il est clair que tous les pays à la fois ne doivent pas avoir à souffrir de la concurrence étrangère ; car, pour que les uns puissent importer des produits du dehors, il faut bien que d’autres les exportent, et si les premiers se ruinent, il faut nécessairement que les seconds s’enrichissent. Si donc ils sont tous dans une situation également fâcheuse, c’est à d’autres causes qu’à la liberté commerciale qu’il faut s’en prendre, bien que la question douanière n’y soit pas absolument étrangère.

Le régime protecteur, inauguré par l’Amérique du Nord, a eu

  1. Voir la Revue du 15 mars 1879.