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leurs auteurs le diplôme d’architecte que l’école confère. Les jeunes lauréats ont eu raison de prendre occasion de l’exposition pour signaler au public l’existence de ce diplôme, titre d’institution récente, mais qui, déjà reconnu dans une certaine mesure par l’état, est destiné à devenir un jour une garantie indispensable de capacité professionnelle.

Nous sommes arrivé au terme de notre examen. Nous n’avons voulu entrer dans aucune discussion théorique, encore moins dans des distinctions d’école. Des passions, il y en a peut-être ; pour les distinctions, il n’en faut pas admettre. Tout ce que nous voyons au Salon constitue l’école française. Elle est riche en élémens : études pédagogiques, études classiques, études historiques, application de l’art à nos habitations et à toutes les exigences d’une civilisation en progrès, intervention de l’état et de l’initiative collective ou privée sous des formes diverses, chacune de ces manifestations occupe une place dans son ensemble et concourt à son unité. Nous avons simplement cherché à faire un dénombrement sommaire des forces de l’architecture en France. Nous nous réservons de dire plus loin ce qu’il nous semble du caractère actuel de ses œuvres. Ne fallait-il pas d’abord appeler l’attention sur la masse de travail et de mérites qui se cachent derrière le petit nombre des dessins qui nous sont montrés ? Était-il inutile de dire combien de constatations, de découvertes, de créations peuvent se dérober au. visiteur dans l’espace étroit qui les contient et dans l’ombre qui les couvre ? N’est-il pas vrai de dire qu’une salle à part et des notices insérées au livret rendraient aux artistes le service d’expliquer leurs œuvres, au public celui de les lui faire comprendre ? Et cela ne serait-il pas d’autant plus nécessaire ici que l’architecte, en faisant appel au peintre et au sculpteur pour la décoration des édifices, entretient la pratique de l’art pris dans sa plus haute expression et reste le maître des œuvres ?


II

L’exposition de sculpture est très nombreuse, et cependant elle n’est pas aussi complète que nous l’eussions désiré. Non-seulement plusieurs de nos meilleurs artistes n’y figurent que par des envois d’une importance secondaire, mais, ce qui est plus sensible, l’art sculptural lui-même n’y est pas suffisamment représenté dans ses modes principaux. Tout d’abord, il est certain que nous n’aurons à noter que très peu d’ouvrages appartenant à la décoration des édifices ; et encore ces productions sont-elles en si petit nombre que le genre vraiment considérable dont elles sont