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cela est puéril. Personne ne le fera, et quand viendra le jour du remboursement, on subira sans compensation une diminution de capital, sinon dans le chiffre en lui-même, au moins dans la puissance d’achat qu’il représentera. L’emprunt avec prime est aujourd’hui absolument conforme aux nécessités financières. Une seule chose est à considérer, c’est de savoir si, à côté de l’augmentation du capital, on a créé un amortissement efficace.

Nous repoussons la conversion en 3 pour 100 pur et simple, non pas à cause de l’augmentation du capital, mais parce qu’elle n’est pas accompagnée d’un amortissement obligatoire; le fardeau deviendrait plus lourd sans qu’il y eût moyen de l’alléger. Les états qui empruntent aujourd’hui au-dessous du pair ont bien soin, en même temps qu’ils offrent une prime de remboursement, d’organiser un système d’amortissement qui éteigne la dette dans un laps de temps déterminé, de façon qu’ils n’en soient pas grevés indéfiniment. Dira-t-on qu’ils font acte d’imprévoyance en s’engageant à rendre plus qu’ils n’ont reçu? L’annuité qu’ils consacrent à l’amortissement dépasse à peine l’intérêt qu’ils auraient dû payer en plus s’il n’y avait point eu d’augmentation de capital. La charge reste la même, et ils ont au moins la perspective d’être libérés un jour de leurs engagemens.


III.

Si le 3 pour 100 pur et simple n’est pas la valeur à employer pour la conversion, parce qu’il n’est point accompagné d’un amortissement obligatoire, il y a un autre 3 pour 100 de création récente qui, lui, est daté de cet amortissement et qu’on appelle le 3 pour 100 amortissable. C’est avec ce fonds qu’on se propose d’exécuter tous les travaux d’utilité publique qui sont en vue, et cela jusqu’à concurrence de plus de 4 milliards. Pourquoi ne l’emploierait-on pas pour la conversion? C’est un fonds, dit-on, qui n’est pas très connu, qui n’est pas encore assez répandu dans le public, et, quand il s’agit de mettre en mouvement 7 milliards de capitaux, il faut prendre garde et choisir comme type de la conversion un fonds pour lequel les préférences du public sont bien éprouvées. Cette objection n’est pas nouvelle, on l’a produite toutes les fois qu’il s’est agi d’emprunter autrement qu’en rentes perpétuelles. On la faisait déjà à l’origine des chemins de fer, lorsque les compagnies ont commencé à créer des obligations amortissables. Jamais, disait-on, on ne parviendra à en émettre assez pour exécuter le deuxième réseau; il s’agissait alors de dépenser 4 milliards en dix ans. Non-seulement on a emprunté les 4 milliards à raison de 500 millions par