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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 27.djvu/890

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était pas autrement en Grèce. De là les monceaux de bijoux et d’objets d’or, d’argent, d’ivoire, de cristal, de bronze qui ont été tirés des tombeaux de Mycènes.

Des vêtemens, il n’est naturellement rien resté. Le temps et le feu ont anéanti les tissus, ainsi que le bois et le cuir. Mais tout ce qui est métallique a survécu, et l’on a retrouvé à peu près intacts les ornemens et les bijoux dont la plupart des corps étaient littéralement couverts. Le visage de quelques-uns était revêtu de masques d’or, en même temps que leur front portait un diadème ou une couronne du même métal. Formés d’une feuille d’or très mince, les masques représentaient sans doute assez exactement les traits du défunt, comme ceux de Phénicie ou d’Égypte ; mais la ténuité du métal n’a pas résisté à l’écrasement du sol, et il est impossible aujourd’hui de distinguer les physionomies. Les diadèmes ou couronnes sont également en or repoussé : ils consistent en une feuille d’or d’un oval très allongé, bordée d’un fil de cuivre pour y donner plus de consistance et qu’on enroulait sans doute autour de la tête, en attachant les deux extrémités sur la nuque, de sorte que la partie la plus large se posât au milieu du front. Une plaque d’or de même forme, mais beaucoup plus grande, et sur un des côtés de laquelle sont fixées d’autres feuilles plus petites qui se dressent comme des fleurons, est qualifiée de couronne par M. Schliemann. Les dimensions de cet objet nous font supposer qu’il s’agit plutôt d’une sorte de pectoral que l’on plaquait sur la poitrine comme un hausse-col. Ce qui pourrait venir à l’appui de cette idée, c’est le véritable pectoral trouvé sur la poitrine d’une femme et marquant la place des seins : l’usage de ce genre de parure était donc connu à Mycènes. Quoi qu’il en soit, le bijou qualifié de couronne par M. Schliemann est le chef-d’œuvre de l’orfèvrerie mycénienne : il est orné dans toute son étendue d’une série de petits médaillons représentant les dessins les plus variés : des boules, des spirales, des cercles concentriques, des méandres, des étoiles de toutes les formes. Ces médaillons étaient gravés en creux sur une pierre dure et d’un grain très fin : l’ouvrier venait ensuite presser la feuille d’or dans ce moule pour lui en faire prendre l’empreinte. Ce mode de travail était également suivi pour les petites feuilles d’or servant de fleurons, et pour le plus grand nombre des objets d’or trouvés à Mycènes. Il est remarquable en effet que l’or y est presque toujours employé en feuilles et rarement en lingot ou en fil.

Sur la tête des femmes, la chevelure était fixée par de belles épingles d’or, terminées quelquefois par des boucles de cristal de roche : elle était ornée çà et là de spirales d’or, et surmontée probablement d’un diadème. On a trouvé un grand nombre d’objets précieux per-