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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 26.djvu/842

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dignes successeurs. Dans les lettres et la poésie, elle se fait gloire des noms de Dugas Montbel, de Ballanche et de Victor de Laprade ; de ceux de Camille Jordan, de Sauzet, de Gilardin dans l’éloquence de la tribune et du barreau ; dans l’archéologie, elle a les noms d’Artaud et d’Alphonse de Boissieu, pour ne nommer que les plus connus.

Quelle n’a pas été surtout la richesse de sa section des beaux-arts ! Citons dans la peinture les noms de Richard, de Revoil, de Bonnefond, de Saint-Jean, d’Hippolyte Flandrin, qui était de Lyon et associé de l’académie ; de Chinard, de Legendre-Héral, de Ruolz, de Bonnet, de Bonassieux dans la sculpture. Enfin, combien l’Institut, de même que l’ancienne académie des sciences, n’a-t-il pas choisi de correspondans parmi ses membres ! On peut dire que l’académie de Lyon en a été peuplée, et que nulle part ailleurs il n’y a plus d’intermédiaires et de représentans naturels de cette alliance que nous désirerions voir s’établir avec l’Institut.

Les donations qui ont remplacé ce qu’elle a perdu pendant la révolution lui permettent d’exciter autant que jamais les jeunes talens et de les faire, pour ainsi dire, éclore sous son patronage. En souvenir de son père et de son origine lyonnaise, Ampère lui a légué une rente de 1,800 francs, semblable à la pension Suard de l’académie de Besançon, pour venir en aide à l’achèvement de l’éducation d’un jeune homme de talent.

D’ailleurs combien ne viennent pas de s’accroître les ressources scientifiques et littéraires de Lyon par une faculté de médecine largement organisée, par deux facultés de droit, deux facultés des sciences, deux facultés des lettres, les unes de l’état, les autres de l’enseignement libre, sans compter son ancienne école des beaux-arts reconstituée ! Grâce à tous ces élémens, anciens ou nouveaux, il y a de quoi faire dans la seconde ville de France, non pas seulement une grande université, mais aussi une grande académie qui ne pourrait entrer dans aucune autre alliance digne d’elle que celle de l’Institut.


FRANCISQUE BOUILLIER.