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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 26.djvu/813

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à en augmenter le nombre et à leur indiquer de quel esprit elles devront à l’avenir s’inspirer. Il n’en est pas de même du service ordinaire, qui exige au contraire un remaniement complet.

Tout d’abord il nous paraît indispensable de supprimer le double mode de recrutement de l’administration. Pour remplir convenablement les fonctions de garde-général, il faut des connaissances spéciales qu’un simple garde ne peut acquérir dans l’exercice de son métier et que l’école forestière seule peut donner ; c’est donc de cette école que devront sortir tous les agens, sauf à en faciliter l’accès, au moyen de bourses, aux gardes méritans qui se seraient montrés capables d’en suivre les cours. Par un faux sentiment d’égalité, bien des personnes demandent qu’en entrant dans une carrière un employé quelconque puisse en gravir tous les échelons ; c’est une erreur, car c’est perdre de vue que l’employé doit être fait pour l’emploi et non celui-ci pour l’employé, que l’ancienneté ni les services rendus dans un poste subalterne ne sont des titres suffisans pour occuper un poste supérieur, et que ceux-là seuls ont droit à une fonction qui sont en état de la remplir convenablement. Les écoles spéciales sont ouvertes à tous ceux qui ont subi les épreuves exigées pour y entrer, et ne sont exclusives que pour l’incapacité. On ne saurait donc voir aucun caractère antidémocratique dans la masure qui prescrirait le recrutement de l’administration parmi les élèves de l’école forestière, à moins qu’on n’admette que la démocratie doit être le règne de l’ignorance.

Nous avons dit que le chef de cantonnement, qu’il ait le grade de garde-général ou celui de sous-inspecteur, était surtout un agent d’instruction et qu’il n’avait aucune autorité par lui-même. C’est là, suivant nous, un grand inconvénient. Il se présente journellement dans le service des affaires peu importantes sur lesquelles il serait désirable qu’il fût statué immédiatement, pour lesquelles il est puéril de faire des rapports et de provoquer la décision de l’autorité supérieure, puisqu’il est impossible de les apprécier à distance. Telles sont les demandes en délivrance de menus produits, feuilles, bruyères, herbes, etc, que le chef de cantonnement devrait être autorisé à accueillir sous certaines conditions, sauf à en fournir un état mensuel à ses chefs. Il serait utile aussi qu’il pût être déchargé d’une partie de la besogne purement matérielle du métier, qui, comme la reconnaissance des chablis, le dénombrement des coupes d’éclaircie, etc., pourrait être confiée aux brigadiers. Il aurait ainsi plus de temps à consacrer à la gestion proprement dite et à l’exécution des travaux de toute nature qu’elle comporte.

Les chefs de cantonnement devraient correspondre directement avec les conservateurs, dont le nombre serait augmenté et les