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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 26.djvu/806

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forcée de recruter dans l’armée une grande partie de ses agens, qui, apportant dans leurs fonctions les habitudes de la vie des camps et manquant d’ailleurs d’instruction pratique, compromirent par leur insuffisance l’existence même des forêts qu’ils avaient à gérer. Frappé de ces graves inconvéniens, le gouvernement de la restauration, qui avait au plus haut point le sentiment de la durée et celui de ses devoirs envers les générations futures, créa en 1824 une école forestière destinée à former des hommes spéciaux connaissant tous les détails techniques de leur métier et en état d’appliquer aux forêts de la France les vrais principes de la sylviculture, que M. Lorentz avait rapportés d’Allemagne. En 1827 fut promulgué le code forestier qui nous régit, et qui constitua l’administration sur les bases où elle est encore aujourd’hui.

L’administration forestière comprend l’administration centrale et le service actif. La première, jusqu’ici composée d’un directeur-général, de 2 administrateurs, de 7 chefs de bureau, de 12 sous-chefs et de 24 commis de toute classe, a pour fonction de donner une certaine impulsion au service, de vérifier les travaux et de statuer sur toutes les questions qui lui sont soumises. Elle se recrute soit parmi les agens du service actif, soit parmi les jeunes gens à la recherche d’une position, sans qu’aucune règle détermine les droits des uns ou des autres. On a laissé ainsi une porte ouverte à la faveur en permettant au directeur-général de fixer son choix sur qui bon lui semble.

Le service extérieur ordinaire comprend 36 conservateurs au traitement annuel de 8,000 à 12,000 francs ; 141 inspecteurs au traitement de 4,000 à 6,000 francs ; 192 sous-inspecteurs au traitement de 2,600 à 3,400 francs ; 356 gardes-généraux au traitement de 1,800 à 2,200 francs ; 3,532 gardes-généraux adjoints, brigadiers et gardes au traitement de 600 à 1,500 fr. ; plus 5,500 gardes et brigadiers communaux qui ne touchent en moyenne guère plus de 600 francs. Indépendamment des agens du service ordinaire, 12 inspecteurs, 39 sous-inspecteurs et 20 gardes-généraux, sont groupés en commissions pour l’étude et l’exécution des travaux extraordinaires de reboisement, d’aménagement et de cantonnement de droits d’usage.

Les attributions du service ordinaire comprennent la surveillance et la gestion proprement dite. La surveillance est exercée par les gardes, qui sont chargés de la constatation des délits. Recrutés le plus souvent parmi d’anciens sous-officiers, vivant isolés au milieu des bois, pouvant par leur incurie ou leur improbité compromettre souvent les richesses importantes qui leur sont confiées, les gardes sont, pour la plupart, malgré la modicité de leurs traitemens, tout