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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 26.djvu/734

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On accepte les progrès qui sont sortis en définitive de cette formidable époque comme des bienfaits ; mais on apprend à quel prix ils ont été achetés, par où l’on a passé, combien il y a eu de sang innocent versé, ce qu’il y a eu d’iniquités et de victimes avant qu’on soit arrivé à cet ordre nouveau, qu’il s’agit justement de maintenir et de défendre aujourd’hui. On comprend aussi quels fermens redoutables de telles épreuves ont dû laisser dans une société si profondément remuée, quelles traditions d’idées fausses et de fanatismes ont pu survivre sous prétexte de fidélité à la révolution, quelles habitudes de la force et de la violence ont eu le temps de s’enraciner en rendant tout possible. C’est précisément ici que l’histoire rejoint la politique, en l’éclairant, en montrant les écueils à éviter. M. Taine assure qu’il n’a songé qu’à tracer la « figure du passé, » qu’il a voulu faire une œuvre d’historien, et « rien de plus. » Dût-on ne pas tout accepter dans son livre, il a décrit assez de choses vraies, et il les a décrites assez énergiquement pour qu’on ne soit pas tenté de recommencer l’expérience des révolutions, surtout quand on n’aurait rien à fonder.


CH. DE MAZADE.



La Guerre franco-allemande de 1870-1871, par la section historique du grand état-major prussien, 13e livraison, 1878. Dumaine.


La section historique de l’état-major de Berlin poursuit avec lenteur, mais avec sûreté, le grand travail qu’elle a entrepris sur la guerre de 1870-1871. La 13e livraison qui vient de paraître et qui est traduite comme les précédentes par M. le commandant Costa de Serda n’arrive encore qu’au mois de décembre 1870. Elle embrasse cette partie de la campagne qui aboutit pour les Allemands à la reprise d’Orléans, après Coulmiers et les affaires engagées sous Paris, Villiers, Champigny. C’est un exposé détaillé de ces deux épisodes qui s’éclairent mutuellement, qui sont comme le point culminant de la guerre. Le récit de l’état-major prussien a le mérite de rester avant tout une œuvre militaire et de débrouiller des opérations compliquées. Naturellement il ne raconte que la partie allemande, sans être même toujours précis ou exact sur ce qui se passe au camp français ; ce n’est pas moins un des plus précieux documens de l’histoire.


Le directeur-gérant, C. BULOZ.