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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 26.djvu/448

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qui, envisagés au point de vue militaire, sont de nature à justifier ce vœu que nous exprimions à la page 62 : Qu’on se hâte de réunir les chemins de fer allemands en grands réseaux ayant leur administration propre, mais placés sous le contrôle sévère d’une puissante autorité de surveillance. »

Loin de célébrer les avantages que présenterait l’absorption de tous les chemins de fer par l’état, l’écrivain allemand trouve dans cette absorption même des causes de faiblesse et de division. Que l’on suppose cette transformation effectuée en France, la plus grande partie des agens des compagnies sont passés au service de l’état, ils sont devenus des fonctionnaires ; nous ne leur faisons pas l’injure de croire qu’ils aimeront moins leur pays, qu’ils marchanderont davantage leur temps et leur peine. Nous dirons seulement : moins responsables, ils seront moins puissans ; devenus directeurs d’administrations d’état, les anciens administrateurs ou directeurs des compagnies seront sans qualité pour prendre des décisions importantes, pour engager de grosses dépenses, pour faire à l’administration de la guerre des avances de plusieurs millions. A chaque incident, il faudra écrire, faire des rapports, des propositions, écrire, toujours écrire, en référer au ministre, lui demander des instructions, des crédits, des ordonnancemens. On nommera des commissions, des sous-commissions ; tout cela sera correct, régulier, administratif ; mais cela n’empêchera pas l’ennemi de marcher. On a attendu pendant deux jours des instructions pour faire sauter les tunnels des Vosges, et, quand ces instructions sont arrivées, il n’était plus temps.

Les Allemands sont entrés le 12 octobre 1870 à trois heures à Epinal ; le lendemain matin les ingénieurs de la compagnie de l’Est faisaient sauter le grand viaduc de Xertigny et, pendant toute la durée de la guerre, la circulation des trains a été interrompue. S’ils eussent demandé des instructions à Tours, la réponse eût trouvé les Allemands en possession du viaduc.


IV. — RESUME ET CONCLUSIONS.

Il y a en ce moment dans le monde environ 300,000 kilomètres de chemins de fer répartis de la manière suivante :


Amérique 443,000 kilomètres
Asie (principalement l’Inde anglaise) 11,000
Océanie (principalement l’Australie) 2,500
Afrique (principalement l’Algérie et l’Égypte) 2,500
Europe 140,000

Sans nous occuper de l’Asie, de l’Océanie, de l’Afrique, qui ne