Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 26.djvu/445

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


conseils se reproduiront infailliblement si les agens redeviennent fonctionnaires de l’état plus ou moins mal rétribués, irresponsables et tranquilles.

Améliorations successivement réalisées par les grandes compagnies. — On n’a pas ménagé dans ces derniers temps aux grandes compagnies les reproches de toute nature. Elles s’endorment, dit-on, dans le monopole, dans la routine ; elles sont rebelles à toute innovation, leurs tarifs sont incompréhensibles, etc. Les compagnies n’acceptent pas, il est vrai, toutes les inventions que chaque jour voit éclore ; elles ne considèrent pas comme un devoir d’expérimenter toutes les machines, toutes les mécaniques, qui leur sont présentées quelquefois avec menaces ; elles repoussent par exemple les freins instantanés (un rocher tombé en travers d’une tranchée serait un frein instantané parfait). Cependant le nombre des appareils de toute nature expérimentés sur chaque réseau est immense ; la diversité même des compagnies favorise ces essais. Telle compagnie fera sur l’emploi de l’électricité les recherches les plus nombreuses ; telle autre entreprendra sur la puissance des machines et sur le chauffage des trains une série d’expériences longues et coûteuses ; sur d’autres points, la transformation des machines locomotives sera l’objet d’incessantes préoccupations ; enfin, les ingénieurs de la voie substitueront l’acier au fer et se livreront sur la forme à donner aux rails, ainsi que sur tous les accessoires des voies, changemens, plaques, chariots, grues, etc., à des études incessantes et multipliées.

Faire un cours de construction de chemins de fer est aujourd’hui une œuvre importante, à ne considérer même que le point de vue historique de la transformation de leurs principaux organes. Cette œuvre a été entreprise en France par un ingénieur très distingué, M. Couche, inspecteur-général des mines, professeur à l’École des mines, et en Allemagne par un groupe d’ingénieurs. Un coup d’œil jeté sur les volumes et les atlas de M. Couche, ou sur les parties déjà publiées de l’ouvrage allemand : Handbuch für specielle Eisenbahn-Technik, montrera ce qu’étaient les chemins de fer il y a quarante ans, et ce qu’ils sont aujourd’hui ; mais, sans entrer dans des recherches de cette nature, il importe de rappeler des faite que chacun peut vérifier : La transformation continue du matériel roulant, machines, voitures et wagons ; — la substitution de wagons à 10 tonnes aux wagons à 5 tonnes ; — l’augmentation du nombre des trains, l’accélération de leur marche, et la mise en marche, à des heures variant avec la marée, de trains à très grande vitesse ; — le chauffage des voitures de toutes les classes ; — l’agrandissement et même la reconstruction de gares de voyageurs qui semblaient aux débuts de l’exploitation déjà bien grandes ; — la substitution du fer