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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 26.djvu/423

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Chemins de fer de l’état :


Territoire cisleithanien 594k
Territoire transleithanien 1,680 2,274k

Chemins de fer concédés :


Territoire cisleithanien 10,132k
Territoire transleithanien 4,886 15,018k
Total général 17,292k

Sur ces 17,292 kilomètres :


L’état exploitait 1,758 kilomètres, soit 10,20 pour 100.
Les compagnies 15,534 — soit 89,80 —

Mais il importe de faire une distinction importante. Si le réseau exploité par l’état comprenait quelques kilomètres appartenant à des compagnies (78 kilomètres), le réseau exploité par les compagnies comprenait, en deçà de la Leitha, 594 kilomètres de lignes appartenant à l’état. Le tableau ci-après résume la situation kilométrique totale des chemins de fer de l’empire austro-hongrois à la fin de diverses années, de 1840 à 1876.


1840 427 kilomètres. 1870 9,855 kilomètres
1850 2,227 1871 11,864
1860 5,232 1872 14,055
1865 6,397 1873 15,570
1866 6,456 1874 16,065
1867 6,610 1875 16,767
1868 7,349 1876 17,292
1869 8,213

Dans la période fiévreuse dont nous avons parlé, les accroissemens annuels dépassent 2,000 kilomètres ; ils oscillent maintenant entre 500 et 600 kilomètres, et ils iront encore en diminuant.


En Suisse, tous les chemins de fer sont des chemins concédés. La question de la construction et de l’exploitation par l’état ne s’est jamais posée, au moins au point de vue économique ; mais il n’en est pas de même au point de vue politique. Dans la lutte engagée depuis longtemps entre les idées qui défendent les autorités des cantons et les idées qui poussent à la constitution d’une république unitaire, l’absorption de tous les chemins de fer par un état centralisateur a été depuis longtemps indiquée comme une partie du programme à remplir. Les vingt-deux cantons feront-ils le sacrifice de leur liberté politique ? Nous en doutons beaucoup. Une seule chose pourrait hâter la solution que nous venons d’indiquer, ce serait la déconfiture générale de toutes les sociétés de chemins de fer en Suisse, et la nécessité de pourvoir à leur exploitation. Nous espérons que cette catastrophe financière ne se produira pas, mais à ce