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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 26.djvu/420

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supérieur comprend un président et douze directeurs. Pour les autres chemins d’état, nous trouvons sept directions royales ou grand-ducales à Dresde, Stuttgart, Munich, Carlsruhe, Darmstadt, Oldenbourg, Mecklembourg. Ces directions n’ont pas de commissions royales, — ces dernières sont particulières à la Prusse. Enfin, il a été créé à Berlin une institution spéciale, le Reichs-Eisenbahn-Amt, administration générale des chemins de fer de l’empire et dont l’action doit ou plutôt devrait s’étendre sur tous les chemins de fer, qu’ils soient exploités par les états (la Bavière exceptée) ou par des sociétés privées. Nous estimons que jusqu’ici au moins la nouvelle institution n’a pas eu un grand succès. Les compagnies concessionnaires prétendent qu’elle empiète sur les droits inscrits dans leurs cahiers des charges ; les directions d’état disent que, relevant du ministre, il est inutile de placer un intermédiaire entre elles et ce haut fonctionnaire. En étudiant la question des tarifs, nous aurons occasion de reparler du Reichs-Eisenbahn-Amt.

Nous ne trouvons donc pas dans l’empire d’Allemagne l’exemple d’une grande administration d’un vaste réseau de chemins de fer de l’état. Si l’ensemble du réseau des chemins de fer de l’empire, au 1er janvier 1877, s’élève à 29,196 kilomètres et est supérieur à l’ensemble du réseau français, qui, à la même date, ne comprenait que 22,550 kilomètres, on peut dire que la direction de l’exploitation y est bien autrement morcelée que dans notre pays. Nous avons en effet signalé l’existence de quarante-neuf administrations distinctes, savoir : 1 direction impériale à Strasbourg, 8 directions royales prussiennes, 7 directions royales ou grand-ducales, 26 compagnies prussiennes, 8 compagnies bavaroises, hessoises, etc.

Au point de vue de l’unité, les six grandes compagnies françaises qui, au 1er janvier 1877, exploitaient 18,849 kilomètres et dont le réseau concédé total s’élève à 23,087 kilomètres, rendent donc à notre pays plus de services que ne peuvent le faire les exploitations morcelées de l’empire d’Allemagne.


Dans l’empire austro-hongrois, nous ne trouverons pas plus que dans l’empire d’Allemagne un vaste réseau d’état conçu, construit et exploité en vertu de principes purement économiques. Nous y rencontrons des chemins de fer construits par l’état et exploités par ses agens, — des chemins de fer concédés, construits et exploités par les sociétés concessionnaires, — des chemins de fer construits par des sociétés, mis sous séquestre par l’état et exploités soit par lui, soit par des sociétés fermières, — des chemins de fer construits par l’état, vendus par lui, et dont le rachat est annoncé comme probable.

Toutes les combinaisons, connues en ce qui concerne les chemins