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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 25.djvu/891

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des longitudes a fait installer quelques-unes des lunettes devenues disponibles dans le parc de Montsouris, où les officiers de la marine viennent s’initier aux observations astronomiques. M. Janssen continue de tirer parti de sa lunette photographique à l’observatoire de Meudon ; deux équatoriaux sont destinés aux nouveaux observatoires de Lyon et de Bordeaux.

Il restait à faire servir la photographie à l’étude des groupes stellaires, c’est-à-dire à la détermination rapide et précise des positions relatives d’étoiles massées dans un espace restreint. C’est M. Rutherfurd qui a le premier résolu le problème, et depuis plusieurs années il poursuit ses travaux dans cette direction avec un remarquable succès. L’observatoire de M. Rutherfurd est situé à l’intérieur de la ville de New-York, dans un quartier tranquille et qui n’est pas trop éclairé la nuit. L’instrument qui sert à photographier les étoiles est une lunette de 13 pouces (33 centimètres) d’ouverture, montée équatorialement et mue par un mouvement d’horlogerie.

Lorsqu’il s’agit de photographier des étoiles, la durée de l’exposition doit nécessairement suppléera la faiblesse de la lumière. La durée de pose varie avec les circonstances atmosphériques ; mais M. Rutherfurd a trouvé que quatre minutes suffisaient généralement pour les étoiles de 10e grandeur. Pendant ce temps, le mouvement d’horlogerie fait marcher la lunette de manière que les étoiles qui sont dans le champ de l’appareil y paraissent immobiles ; dès lors les images qu’elles donnent sont de simples points. Cependant, comme les impuretés du collodion pourraient produire, lors du développement du négatif, des points noirs que l’on prendrait pour des étoiles, on fait toujours une seconde épreuve après avoir déplacé la plaque d’un millimètre environ ; chaque étoile se trouve ainsi représentée par deux points noirs espacés d’une quantité toujours la même. L’épreuve ainsi obtenue fournit donc une représentation fidèle des positions et des distances relatives des étoiles qui étaient dans le champ de la lunette. Mais il faut encore pouvoir évaluer ces distances en mesures angulaires, il faut pouvoir les exprimer en secondes d’arc. Pour faciliter cette évaluation, on arrête le mouvement d’horlogerie, et on laisse les étoiles traverser le champ ; les plus lumineuses, celles qui ne descendent pas au-dessous de la 4e ou de la 5e grandeur, laissent alors sur la plaque sensible une trace continue, et la longueur du sillon noir tracé pendant une minute fait connaître la valeur angulaire d’un millimètre mesuré sur la plaque. On peut ainsi faire, en une seule nuit, une dizaine d’épreuves du même groupe. Les distances des étoiles sont ensuite relevées sur chaque épreuve à l’aide d’un appareil