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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 25.djvu/886

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très noirs où la couche photosphérique doit avoir une épaisseur très faible. Nul doute qu’en poursuivant cette investigation si bien commencée, on n’arrive à bien d’autres révélations sur la nature intime du globe solaire.


II

C’est ensuite pour l’observation de phénomènes astronomiques d’une très courte durée, comme les éclipses ou les passages de planètes au devant du soleil, que la photographie pourra être substituée avec avantage à l’observation directe. Une éclipse de soleil peut durer quelques heures, mais la durée de l’obscurité totale ne dépasse jamais 8 minutes, et elle est généralement beaucoup plus courte. Or il s’agit, dans ce bref délai, d’explorer tout le contour du disque solaire caché par la lune, de noter la forme et la position des protubérances roses, de déterminer l’étendue de la couronne, d’observer en outre les instans des contacts qui marquent le commencement et la fin de la totalité. Naturellement, tout cela se fait avec une hâte fiévreuse, et il est difficile de garder tout son sang-froid en présence des splendides phénomènes qu’il faut inventorier pendant les quelques minutes qu’un coin du voile de lumière qui nous les cache reste levé.

J’ai déjà parlé des tentatives qui furent faites en 1851 par divers observateurs pour obtenir des daguerréotypes d’une éclipse de soleil. L’éclipse du 15 mars 1858, qui était visible à Paris, fut photographiée, sous la direction de M. Faye, dans les ateliers de l’opticien Porro, à l’aide d’une lunette de 52 centimètres d’ouverture et de 15 mètres de longueur focale. C’était un lundi, jour des séances de l’Académie des sciences, et une heure après M. Faye put présenter à l’illustre compagnie un cliché au collodion sec, où le diamètre de l’image solaire, obtenue directement au foyer, sans agrandissement ultérieur, était de 14 centimètres. Les mesures micrométriques prises sur les épreuves de cette éclipse ne laissèrent aucun doute sur la précision à laquelle il est possible d’atteindre par cette méthode. En outre, la facilité relative avec laquelle MM. Porro et Quinet avaient réussi à obtenir des clichés satisfaisans fut aux yeux de M. Faye un argument décisif en faveur de l’emploi des objectifs à très long foyer qui dessinent immédiatement sur la plaque sensible une image de grande dimension. La méthode généralement suivie, qui consiste à employer un objectif à court foyer donnant une très petite image focale qu’on agrandit à l’aide d’un appareil spécial pour la projeter sur la plaque sensible, permet, il est vrai, de faire usage d’instrumens plus maniables,