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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 25.djvu/848

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fret de sortie qui fait défaut. On dira tout à l’heure comment le Havre pourrait en partie remédier à ce désavantage.

La principale marchandise entrée, si l’on ne tient compte que de la valeur, c’est le coton, expédié des États-Unis ou de l’Inde ; si l’on ne regarde qu’au poids, c’est la houille, provenant des mines anglaises. En 1876, il est entré au Havre 136,500 tonnes de coton (720,500 balles) et 353,000 tonnes de houille. Ensuite viennent, par ordre d’importance, eu égard au poids :


Les céréales (grains et farines). 128,000 tonnes
Les bois communs (pin, sapin). 98,000
Les bois de teinture et d’ébénisterie (campêche, acajou) 83,000
Les cafés 44,000
Les engrais (guano, phosphates) 38,000
Les laines 30,000
Le cuivre 25,000
Les peaux 23,000
Les graines oléagineuses 20,000
Les graisses 19,000
Le nitrate de soude 15,000
Les sucres bruts 13,000
Les huiles 12,000
Les fers, fontes et aciers 11,000
Le zinc 11,000
Les vins, eaux-de-vie et liqueurs 10,000
Le tabac 10,000

Enfin les viandes fraîches et salées, le plomb, les légumes secs, le riz, le cacao, les huiles de pétrole, le jute, l’étain et une foule d’autres articles.

On peut dire que Le Havre est le port des cotons, car il en reçoit à lui seul beaucoup plus que tous nos autres ports. C’est ce coton qui alimente principalement les filatures de l’est, de l’ouest et du nord de la France. Le Havre est aussi le port des cafés ; c’est un des plus grands entrepôts de cette denrée coloniale, et il va presque de pair en cela avec Hambourg, Anvers, Londres, les trois plus grands marchés du café en Europe ; celui de Rotterdam est maintenant détrôné. Enfin Le Havre est aussi notre principal port pour les bois exotiques, notamment le bois de campêche, que l’on rencontre partout en longues piles sur les quais. Ce bois, pulvérisé par des moyens mécaniques, fournit des poudres et des extraits très recherchés pour la teinture.

Les principales marchandises expédiées du port du Havre sont, eu égard à la valeur, les tissus, les ouvrages en peau ou en cuir ; mais, eu égard à la quantité, c’est la houille qui vient ici encore en première ligne pour 120,000 tonnes, et ensuite :