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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 25.djvu/838

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LES
GRANDS PORTS DE COMMERCE
DE LA FRANCE

LE HAVRE ET LE BASSIN DE LA SEINE.

En 1516, il y avait à l’embouchure de la Seine, sur la rive droite, une humble chapelle dédiée à Notre-Dame-de-Grâce ; à côté, un hameau de pêcheurs et un petit port appelé l’Eure (ora, rivage), où avaient jadis existé des salines. Les apports du fleuve ensablaient ces parages et les exhaussaient peu à peu. Cependant on y voyait une sorte de crique qui pénétrait dans l’intérieur des terres. François Ier eut l’idée de tirer parti de cette passe naturelle et de construire là un port « pour y recueillir, loger et maréer les grands navires tant du royaume que aultres des alliés. » Le lieu était plus à proximité, beaucoup plus accessible de Paris que les ports de Saint-Malo, de Dieppe, de Dunkerque, que la France occupait ou avec lesquels elle commerçait dans la Manche. L’endroit semblait aussi mieux choisi, l’atterrissage plus sûr et plus profond qu’à Harfleur et Honfleur, deux havres très anciens que les sables de la Seine menaçaient de combler, mais qui avaient eu et avaient même encore leurs jours de gloire. Le premier, « port souverain de Normandie, » était situé sur la rive droite, le second sur la rive gauche du fleuve, et ils semblaient en garder tous les deux l’embouchure, de part et d’autre du vaste estuaire qu’il forme en arrivant à la mer. Quant au port de Rouen, il manquait aussi de profondeur, et il était situé beaucoup trop avant sur la Seine.