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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 25.djvu/161

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bien ! ces internes ont maintenant devant eux les concours de suppléance dans les écoles de plein exercice : s’ils les abordent, et s’ils sont nommés, ils entrent d’emblée dans l’élite médicale d’une très grande ville, car les écoles de plein exercice n’existeront jamais que dans ces villes ; ils y jouissent, on va le voir, de tous les moyens de travail ; enfin ils reçoivent, comme suppléans, un traitement qui, tout modeste qu’il est (2,000 francs), leur est une première ressource, à laquelle d’autres se joindront bientôt. Ainsi commencée, la carrière est assurée. Le suppléant a devant lui le professorat ; un autre concours lui ouvrira sans doute la porte des hôpitaux de la ville, hôpitaux considérables où l’administration a de nombreux services à confier aux médecins. L’estime publique suit de près l’investiture de pareilles fonctions ; elles valent à un jeune médecin un renom mérité. N’y a-t-il pas là des situations enviables, dignes de tenter celui qui hésite et cherche sa voie au sortir d’un internat laborieux ? Je ne sais si la suppléance des écoles de plein exercice n’est pas, à bien des points, préférable à l’agrégation de quelques facultés de province ; la première me semble ouvrir des voies plus larges et moins encombrées.

Les écoles de plein exercice, ayant à fournir une instruction complète, doivent posséder tous les moyens et instrumens de travail pratique qu’exigent les études médicales. Le cahier des charges imposé à ces écoles y pourvoit : laboratoires de chimie, d’histoire naturelle, d’histologie normale et pathologique, de physiologie, institut anatomique, collections diverses, bibliothèque, tout y est. Quant à l’enseignement, clinique, il suffira de dire qu’il est institué avec toutes les ressources assemblées dans de vastes hôpitaux comme sont ceux de Marseille et de Nantes. L’institut clinique de ces deux grandes écoles pourrait faire envie à celui de plusieurs facultés de province ; il comptera pour une bonne part dans la prospérité future de ces écoles. Les municipalités se sont imposé de lourds sacrifices pour réaliser des institutions aussi largement dotées ; mais le but atteint mérite de fixer l’attention. Marseille et Nantes sont devenus des centres d’enseignement médical, où règne une activité soutenue, où la science est cultivée non sans ardeur, ni sans succès. Ce sont deux foyers scientifiques créés et acquis dans les régions de l’extrême sud et de l’extrême ouest. Les vocations scientifiques se développeront dans ces populations intelligentes, et cependant jusqu’ici peu entraînées vers le culte des sciences.

Quel est le rôle des écoles de plein exercice dans les actes probatoires soutenus durant la scolarité médicale, ou qui la terminent et conduisent au doctorat ? Dans le régime actuel, on distingue les examens de fin d’année et les examens de doctorat. Les écoles de