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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 25.djvu/149

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ultérieurement par un décret du 12 novembre 1875. Ces créations de facultés doivent compter parmi les actes destinés à marquer la réforme et le développement de notre enseignement médical.

On peut s’étonner que Lyon ait si longtemps attendu une faculté de médecine. Tout invitait à l’établir dans cette grande cité. L’enseignement médical devait y rencontrer tous les élémens désirables de prospérité. L’Hôtel-Dieu, la Charité, l’Antiquaille, fournissaient à l’observation clinique d’inépuisables ressources ; ces hôpitaux assuraient, en outre, tous les autres moyens d’instruction, soit pour les études d’anatomie descriptive, d’histologie, d’anatomie pathologique, de médecine opératoire. Le nombre des services hospitaliers permettait à chaque professeur, à ceux du moins dont l’enseignement touche directement à la pathologie, de devenir médecin d’hôpital. Enfin le corps médical de Lyon s’honorait de traditions scientifiques élevées, qui lui valaient une haute renommée. L’institution déjà ancienne du concours pour le majorat des trois grands hôpitaux lyonnais, et aussi pour toutes les places de médecin dans ces hôpitaux et à l’hôpital de la Croix-Rousse, avait créé dans la médecine lyonnaise un mouvement, une activité scientifique, que l’on ne retrouverait pas ailleurs. Il y avait donc là tout ce qui appelle et favorise l’établissement d’une faculté de médecine. Le voilà enfin réalisé ; et cet événement : doit réjouir tous ceux qui s’intéressent à l’avenir de l’enseignement supérieur. On médite la création de grands centres universitaires. Ces centres ne sauraient s’établir que là où s’élève et prospère une faculté de médecine. Celle-ci anime tout autour d’elle, non-seulement par le nombre des élèves qu’elle attire, mais encore par les rapports nécessaires qu’elle entretient avec les autres facultés, et, en particulier, avec la faculté des sciences. La science de l’homme vivant n’a-t-elle pas besoin de toutes les autres sciences ? Les lettres et la philosophie elles-mêmes gagnent à ce contact avec la science de la vie. Que de vérités métaphysiques qui ne sont que des vérités biologiques, transportées en apparence sur un autre terrain, mais qui en réalité demeurent sur un terrain commun, celui de l’homme, un à traversé ses aspects changeans !

La faculté de médecine de Lyon s’élève dans des conditions exceptionnelles de grandeur et d’aménagement scientifique. Située sur la : rive gauche du Rhône, elle y occupe un terrain de 26,000 mètres carrés qui se couvrent de vastes et de nombreux laboratoires, de salles de cours, de galeries destinées aux collections scientifiques diverses ; et tout cela établi selon les plus récens perfectionnemens, et avec toutes les dépendances propres à favoriser le travail des élèves et celui des maîtres. Aucune faculté en