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Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 12.djvu/929

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en année des supplémens qui finiraient par former eux-mêmes toute une bibliothèque. Panizzi, après mûre réflexion, s’est arrêté au système du catalogue alphabétique par noms d’auteurs. Le plus difficile a été d’inventorier à cette fin tout l’ancien fonds ; à force de zèle et d’argent, on en est venu à bout en peu d’années. Ceci fait, rien de plus aisé que de se tenir au courant. Au moment de l’achat d’un livre, le titre en est transcrit sur une bande de papier que, le soir même, on colle à sa place dans un des volumes du catalogue. Les bandes, adhérentes seulement par leurs extrémités, peuvent s’enlever et se reporter plus loin quand de nouveaux titres réclament une place entre deux d’entre elles ; on peut aussi, le cas échéant, intercaler des feuilles dans le registre. Pour rendre les recherches encore plus aisées, dans ce catalogue alphabétique il a été fait une certaine place à la classification méthodique ; ainsi les titres des ouvrages relatifs à l’histoire de France, à l’histoire d’Angleterre, etc., ont été transcrits une seconde fois sous les rubriques France, Angleterre. Le tout forme environ 500 gros volumes qui sont là, rangés en cercle autour du bureau, à la disposition des lecteurs ; à côté du titre de chaque ouvrage est indiqué le numéro du rayon où il se trouve. Vous transcrivez cette indication (press mark) sur votre bulletin de demande. Si le livre n’a pas été communiqué dans la séance même, vous êtes servi au bout de quelques, minutes. C’est qu’il n’y a point ici ces mystères du porté et du non-porté qui compliquent si fort le travail des employés de notre Bibliothèque nationale ; le bulletin du lecteur conduit le bibliothécaire comme par la main jusqu’à la salle et à la planche où se trouve l’ouvrage désiré.

Autre avantage inestimable : sous cette désignation, livres à consulter (books of reference), plus de 20,000 volumes disposés tout autour de la salle, contre la paroi, sont confiés, comme le catalogue, à la discrétion des hôtes du musée. On va les prendre, on les^ remet soi-même à leur place. Ce sont des dictionnaires de toute espèce, les grandes collections de documens, les mémoires des académies et sociétés savantes, les suites des principaux recueils périodiques de l’Angleterre et du monde entier. Un plan colorié, suspendu au bout de chaque table, indique au nouveau-venu où il trouvera la catégorie d’ouvrages qui peut lui fournir les renseignemens dont il a besoin. C’est là une précieuse innovation qui mérite d’être introduite dans toutes les bibliothèques. Elle épargne aux employés bien des pas, elle fait gagner aux lecteurs bien du temps.

Grâce à toutes ces mesures et à ces combinaisons ingénieuses, le lecteur, enveloppé de silence, commodément assis, pourvu d’appareils qui lui permettent de disposer, au gré de son œil et de sa main, tous les livres qu’il interroge, n’a d’ailleurs qu’à se lever et