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Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 12.djvu/560

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tint à honneur de voter les crédits suffisans pour bâtir et meubler une salle destinée à recevoir la collection princière, et cette salle, digne du nom qu’elle porte et des trésors qu’elle renferme, a été comprise, lors de la reconstruction générale, dans les bâtimens du nouveau musée.

Au moment même où l’on transportait les livres du roi de Buckingham-Palace dans leur nouvelle demeure de Great-Russell-street, en 1827, la bibliothèque de sir Joseph Banks, hardi voyageur, botaniste éminent, longtemps président de la Société royale, prenait le même chemin. Banks, depuis bien des années l’un des trustees du musée, la lui avait léguée tout entière. Elle avait un caractère tout spécial ; pas de publication scientifique moderne qui ne s’y trouvât, pas de recueil périodique consacré à des recherches d’histoire naturelle dont elle ne contînt de longues et belles suites ; Banks était riche, et il avait vécu jusqu’à quatre-vingt-un ans.

A force d’absorber ainsi des collections privées dont chacune répondait à des goûts et à des besoins déterminés, la bibliothèque nationale, vers 1830, commençait à prendre tournure, à s’arrondir, à se compléter. Jusque dans les premières années de ce siècle, on pouvait, suivant le point de vue où l’on se plaçait, en vanter les richesses ou en déplorer, les lacunes ; par suite de la manière dont elle s’était ainsi formée, sans plan systématique, sans crédits réguliers, elle était, si l’on peut ainsi parler, toute pleine de trous. Ce fut seulement en 1812 que le parlement vota, pour quatre ans, une somme annuelle de 1,000 livrés destinée à boucher quelques-uns de ces trous, et peu à peu ces crédits, demandés et accordés d’abord à titre exceptionnel, devinrent permanens et tendirent à croître, quoiqu’assez lentement, d’année en année. Dans les comptes de 1832, les livres et manuscrits achetés pendant l’exercice financier figurent pour une somme de 1,513 livres (37,825 francs).

Les collections d’histoire naturelle avaient, quoique plus lentement, suivi la même marche que les antiquités, les manuscrits et les livres. Pendant le XVIIIe siècle, elles étaient restées à peu près ce que Sloane les avait faites ; on ne cite guère, comme additions de quelque importance, qu’une belle collection de fossiles anglais, donnée en 1766 par un des trustees, Brander, et en 1769 une série d’oiseaux empaillés achetés en Hollande. Cook avait offert le premier kangourou que l’on eût vu en Europe ; d’autres navigateurs, ainsi que Banks au retour de ses voyages, avaient fait des présens qui piquaient la curiosité du public ; mais tout cela restait bien fragmentaire, bien incomplet, plutôt calculé pour amuser les yeux des visiteurs que pour fournir aux savans des matériaux classés avec méthode. En 1810, en 1822, des crédits votés par la chambre