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Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 2.djvu/708

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Venise, Milan, pendant que des branches détachées du tronc commun s’étendraient à droite et à gauche vers la Carinthie et le Tyrol d’un côté et la Hongrie de l’autre. De toutes les sociétés de chemins de fer en Autriche, la Compagnie des chemins du sud, Sud-Bahn, est de beaucoup la plus importante. Ses deux réseaux autrichien et italien comprennent 4,300 kilomètres. Après les événemens qui ont rendu la liberté à la Lombardo-Vénétie, la compagnie devait se diviser en deux entreprises indépendantes; jusqu’à présent la séparation n’a pu se faire. La partie qui composerait la Société du sud autrichienne comprendrait la ligne principale de Vienne à Trieste, à droite l’embranchement qui, traversant la Carinthie de Marburg à Brixen, s’étend dans le Tyrol, entre à Inspruck et descend en Italie par le passage du Brenner, à gauche les nombreuses ramifications qui desservent la Hongrie et remontent à Ofen-Pesth, enfin la ligne de Croatie par Agram et la jonction avec Fiume.

En même temps qu’était formée la Société du sud, la création de la ligne de Salzbourg à Vienne, Elisabeth-Bahn, a sanctionné un traité conclu dès 1851 avec la Bavière. Le chemin de l’impératrice Elisabeth s’étend sur plus de 700 kilomètres; il va de Vienne à Linz, remonte à Passau et descend à Salzbourg, où l’on rencontre la ligne venant de Munich; c’est aujourd’hui la route la plus courte pour aller de France à Vienne. Plus tard, à la fin de 1866, la constitution de la Société du François-Joseph pour la création du chemin de Vienne à Pilsen, allant à la rencontre des lignes bavaroises et saxonnes, et bientôt la concession d’une seconde ligne, celle du nord-ouest, située entre le François-Joseph et le Chemin de l’état, s’étendant à côté de celui-ci dans la vallée de l’Elbe, établirent avec le centre de la Bohême une communication indispensable et vers Prague deux routes plus directes encore que celle qui existait par le chemin du nord et celui de l’état. Si l’on ajoute à ces lignes le chemin de raccordement à Vienne des lignes du sud et du nord, et les deux petits chemins de montagne destinés à faire jouir la population des magnifiques paysages que l’on découvre du haut du Kahlenberg et qui ont été l’application du système de notre ancien chemin de Saint-Germain et de celui du Righi en Suisse, on a l’ensemble, non de toutes les lignes créées au nord de la Leitha, mais de celles dont les six gares occupent aujourd’hui les faubourgs de Vienne, et on se rend compte du système qui a prévalu pour la construction des chemins de fer dans l’Autriche proprement dite. A l’imitation de ce qui avait été constitué en France pour nos grands réseaux, le gouvernement a voulu faire rayonner de la capitale aux diverses frontières, vers le sud, vers le sud-ouest, vers le nord-ouest, le nord et le nord-est, des lignes ferrées dont les trajets directs ont été augmentés peu après par des embranchemens nombreux.