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Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 2.djvu/246

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étaient avant le nettoyage qu’ont subi il y a quelques années les originaux. Ajoutons que le conservateur actuel des antiques a augmenté cet ancien fonds de beaucoup de moulages importans qu’il a fait exécuter à Athènes, à Rome, à Naples et ailleurs. Ajoutons encore qu’on obtiendrait beaucoup des musées étrangers, sans dépense proprement dite, en échange de plâtres des sculptures du Louvre que fournirait l’atelier de moulage qui en dépend. Disons enfin que, le moulage étant une opération de peu de dépense, on pourvoirait au reste de ce qui serait nécessaire au moyen de quelques annuités de chiffre très modéré.

Dira-t-on que l’emplacement ferait défaut? On le trouvera aisément dans les vastes espaces qu’occupe le Palais de l’Industrie, et, bien mieux encore, non loin de notre musée des antiques, dans le Louvre même, et, comme au Palais de l’Industrie, avec les conditions d’éclairage qui manquent à notre musée d’originaux et qu’exigent, pour être appréciés à leur valeur, les ouvrages de sculpture, c’est-à-dire avec l’éclairage d’en haut. En effet, on vient d’éclairer de cette manière plusieurs salles de l’étage supérieur des bâtimens du Louvre qui entourent la grande cour. Ces salles sont occupées momentanément par des peintures qui doivent, d’ici à peu de jours, aller prendre leur place définitive dans la grande galerie du bord de l’eau prolongée. Le musée de plâtres y serait parfaitement placé. Il s’étendrait à mesure que les salles voisines au même étage seraient successivement préparées pour le recevoir.

En résumé, la création d’une grande collection publique de plâtres, ou plutôt le rétablissement, sur un meilleur plan et sur une plus grande échelle, de cette collection qui a existé autrefois au Louvre, offrirait beaucoup d’avantages et peu de difficultés. Espérons donc que ce musée nouveau ou, si l’on veut, renouvelé, le moins coûteux de tous les musées et peut-être le plus utile, et dont le projet et le spécimen ont été soumis à toutes les administrations qui se sont succédé depuis douze ans à la tête des beaux-arts, espérons, avec tous les amis de l’art et de la science, que ce musée ne nous sera pas plus longtemps refusé.


FÉLIX RAVAISSON.


Le directeur-gérant, C. BULOZ.