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Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 1.djvu/847

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LES
MISSIONS EXTÉRIEURES
DE LA MARINE

III.

LA STATION DU LEVANT.[1]


XI.

L’EXPÉDITION DE MORÉE ET LA PAIX D’ANDRINOPLE.

I.

De tous les mandataires auxquels un grand pays doit parfois se résoudre à déléguer momentanément le plein exercice de sa puissance, le commandant en chef d’une force navale est assurément celui dont les décisions soudaines peuvent avoir sur le cours des événemens les effets les plus imprévus. L’initiative hardie du collègue que nous avions donné aux amiraux Heïden et Codrington fit brusquement trébucher dans le Levant la balance indécise de la politique. La bataille de Navarin n’avait pas anéanti complétement la marine ottomane : il restait encore des vaisseaux et des frégates à Constantinople ; mais cette cruelle leçon infligea un dommage bien autrement grave à la Porte en faisant évanouir le prestige moral qui la protégeait. Une première violence en devait bientôt engendrer d’autres. La destruction de la flotte d’Ibrahim opérée en commun était pour la Russie le gage assuré de la condescendance de l’Angleterre et de la France, devenues ses complices. On la vit dès lors hâter l’exécution des projets dont il lui avait fallu si longtemps ajourner

  1. Voyez la Revue du 15 juin, du 1er août, du 15 septembre, du 15 octobre et du 15 décembre 1873.