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Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 1.djvu/393

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cours du jour avec un léger boni de 1 pour 100 en faveur de l’argent. Les variations du cours sont du reste soigneusement indiquées sur un tableau placé sous les yeux des intéressés, et l’agent de change remet de plus à l’immigrant un bulletin ou ticket sur lequel est le nom et l’adresse de sa maison, et où est indiqué le détail de l’affaire qui vient d’être conclue.

Ces diverses opérations terminées, les immigrana sont de nouveau réunis sous la Rotonde. Au General-information, on appelle ceux que leurs parens ou leurs amis font réclamer dans le salon d’attente, et au Forwarding-bureau, ceux à qui on a des lettres ou des fonds à remettre, lesquels ont été adressés précédemment à Castle-Garden et reçus par les commissaires. Ceux des immigrans qui désirent communiquer avec leurs amis de l’extérieur s’adressent à un autre bureau, le Letter-writing department, et là des commis qui comprennent les diverses langues d’Europe se tiennent prêts, s’il le faut, à écrire sous leur dictée. Outre ce bureau de poste, il y a aussi le bureau télégraphique, Telegraph-office. En attendant que la réponse arrive, l’immigrant, s’il est dénué de toute ressource, trouve un refuge dans l’établissement de Ward’s-Island. Il y sera occupé à quelques travaux, et paiera de cette façon les secours qu’il reçoit ; deux médecins sont chargés d’examiner les demandes de ceux qui désirent entrer à l’hôpital ou à l’asile. La protection paternelle qu’on étend sur l’immigrant ne l’abandonne pas un instant.

Quand toute la besogne est finie, les immigrans peuvent passer dans un salon de toilette à leur usage, Wash-room, et se réconforter dans un restaurant qui dépend de Castle-Garden, et où les prix des consommations sont affichés, approuvés par les commissaires et changés suivant les saisons. Des hôteliers sont admis dans la Rotonde, autorisés, patentés par le maire de New-York, pour solliciter la clientèle de ceux qui entendent séjourner quelque temps en ville. Ces hôteliers et propriétaires de pensions bourgeoises, boarding-houses keepers, sont soumis à des règlemens, à une police sévère, et l’on a pris les précautions les plus minutieuses pour que les immigrans échappent aux abus dont ils étaient auparavant victimes. Ainsi chaque hôtelier doit remettre à qui veut entrer chez lui sa carte avec les prix détaillés de sa maison.

La partie peut-être la plus curieuse de Castle-Garden, séparée de celles que nous venons de décrire, c’est l’endroit qu’on appelle le Labor-exchange, comme qui dirait la bourse, le marché du travail. Là s’adressent tous les immigrans qui demandent à s’employer et toutes les personnes du dehors qui ont besoin de travailleurs. D’un côté sont assis les hommes, de l’autre les femmes. On les sépare aussi d’après la nature de leurs occupations, le temps qu’ils ont été employés, ceux qui ont ou n’ont pas de recommanda-