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de l’Assyrie. De son côté, Mi de Longpérier remarquait que les sculptures découvertes près de Maltaï, au nord de Mossoul, ne permettaient pas de douter de l’origine assyrienne des bas-reliefs de Ptérium ; mais ce sont surtout les monumens bien plus nombreux de la seconde période, celle de la domination persane, qui permirent à Layard de mettre en pleine lumière les rapports qu’il découvrait entre les arts de l’Assyrie et de la Perse, de la Perse et de l’Asie-Mineure, de l’Asie-Mineure et de la Grèce. Le bas-relief des Harpies à Xanthos, et tant d’autres sculptures de la Lycie, envoyées par Fellows au Musée-Britannique, avaient été pour lui une révélation.

Les représentations des coupes découvertes en Chypre, à Larnaca, l’ancienne Kittium, qui sont au Louvre, rapprochées des sujets et du travail des coupes d’argent et de bronze trouvées à Ceri, en Italie, et à Nimroud, sur les bords du Tigre, montrèrent à M. de Longpérier comment s’était faite l’éducation des artistes helléniques, qui si longtemps imitèrent les vases de métal ou de terre peinte que les Phéniciens vendaient à tous les peuples de la terre, et cela près de deux mille ans avant notre ère, comme l’attestent les peintures thébaines de l’époque de Thothmès III. Les plus anciens de ces vases, dont les motifs d’ornement ont servi de modèles aux peuples de l’Asie-Mineure et aux Grecs pour décorer leurs tombeaux et leurs temples, ont certainement été fabriqués en Asie. Les poteries antiques des Cyclades, qui remontent aux XIIe et XIIIe siècles, n’ont pour toute décoration que des bandes, des zones, des zigzags ou des cercles, d’un ton bistre, qui s’enlève mal sur le fond gris et jaunâtre de la terre. Puis des rosaces assyriennes, des plantes et des fleurs, des animaux disposés en zones et passant en longues files, des monstres moitié hommes et moitié bêtes, des sphinx, des sirènes, des divinités à queue de poisson, comme dans les sculptures du temple d’Assos, en Mysie, tout sur les vases peints d’ancien style rappelle ce que l’on voyait à Ninive. Bientôt des scènes mythologiques se déroulent, au flanc des vases, encadrées par des scènes d’animaux ; on songe que le type de ce système décoratif a dû être copié sur ces riches tapis de Babylonie et de Lydie, sur ces étoffes aux fines et éclatantes couleurs, semblables au magnifique péplos fabriqué pour Alcisthène de Sybaris, où l’image des grands dieux helléniques apparaissait entre deux bordures décorées de figures orientales. « Le haut, dit Aristote, représentait les animaux sacrés des Susiens, le bas ceux des Perses. » Les coupes de métal d’Italie, de Chypre et de Ninive, sont décorées d’après le même système que les vases peints à zone d’animaux. Ces vases, ornés de frises où les sujets sont gravés en creux, doivent ressembler beaucoup à celui qu’Achille propose pour, prix de la course aux funérailles de