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Page:Revue des Deux Mondes - 1872 - tome 101.djvu/792

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LES
ALIÉNÉS A PARIS

I.
LA POSSESSION AUTREFOIS, — LA FOLIE AUJOURD’HUI.

Les études que nous avons consacrées à l’administration municipale de la Ville de Paris ont fait connaître les établissemens que l’assistance publique réserve aux malades, aux infirmes, aux enfans trouvés, aux vieillards indigens; poursuivant l’examen de cette organisation hospitalière, nous arrivons à une catégorie d’individus qui tiennent à la fois du malade et de l’infirme, auxquels on a dû affecter des maisons spéciales qui participent de l’hôpital et de l’asile, car on y peut rester temporairement ou toujours, selon que le mal est transitoire ou incurable : il s’agit des aliénés.

Il est nécessaire de bien connaître le mécanisme de la loi qui, tout en les protégeant, garantit la société, de visiter les magnifiques hospices récemment ouverts et expressément construits pour les aliénés, d’indiquer à quel traitement rationnel ces malheureux sont assujettis, et de tracer le rôle de la science aliéniste; mais, avant d’aborder les notions pratiques, il convient de revenir au point de départ de cette science, qui semble toute nouvelle, de voir le long obscurcissement dont elle a été enveloppée pendant tant d’années, de raconter comment elle en est sortie à la fin du siècle dernier, et d’expliquer brièvement quelles lamentables erreurs l’humanité a commises dans l’appréciation de cette maladie matérielle qui se manifeste par des désordres de l’intelligence, et qu’en lan-