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Page:Revue des Deux Mondes - 1872 - tome 101.djvu/761

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Martin des Pallières, de régulariser cette douloureuse retraite, de rallier ses divisions, de prévenir les paniques, et malgré la plus énergique vigilance il ne pouvait empêcher plus de six mille fuyards, soldats ou officiers, de quitter les rangs, de se précipiter en désordre jusqu’à Vierzon, où il n’y avait pas même moyen de les retenir. Ces malheureux s’écoulaient comme un torrent sur les routes de Bourges ou d’Issoudun. C’était là le 15e corps. — Le 18e et le 20e corps, laissés du côté de Gien et tout aussi ébranlés, se hâtaient de repasser la Loire après un assez vif combat d’arrière-garde, et avaient fort heureusement le temps de se mettre à l’abri en coupant tous les ponts. Le 16e et le l7e corps, demeurés sur la rive droite de la Loire, à l’ouest d’Orléans, se repliaient sur Beaugency, en partie désorganisés eux-mêmes, quoique vigoureusement maintenus par le général Chanzy, qui restait désormais livré à ses propres inspirations. Ce qui achevait d’aggraver cette situation, c’est que beaucoup de soldats du 16e et du 17e corps, débandés ou égarés à Orléans, avaient suivi les divisions qui avaient passé la Loire, tandis qu’une brigade du 15e corps, avec le général Peytavin, avait pris par la rive droite pour ne s’arrêter qu’à Blois, de sorte qu’un instant tout se trouvait confondu.

Le général d’Aurelle aurait-il réussi dans de telles conditions à réaliser le projet qu’il avait de réorganiser son armée derrière la Sauldre en rappelant à lui tous les corps, même ceux qui étaient sur la rive droite de la Loire et qui auraient passé le fleuve à Beaugency ou à Blois ? Ce n’était vraiment pas facile ; cette tentative de concentration nouvelle eût été infailliblement troublée par l’ennemi qui ne tardait pas à se mettre de toutes parts sur les traces des divisions françaises en retraite. Toujours est-il que le général d’Aurelle n’avait pas même le temps de songer sérieusement à cette