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Page:Revue des Deux Mondes - 1872 - tome 101.djvu/230

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fond de la baie de Vohémar si vantée [1], au port Leven, sur le territoire qui s’étend autour de la baie magnifique de Diego-Suarez, semblent indiquer que plusieurs genres de végétaux connus sur toute la côte depuis le fort Dauphin, au moins depuis Andouvourante jusqu’à la baie d’Antongil, sont assez souvent représentés dans la flore du nord par d’autres espèces. On s’étonne presque de ne pas rencontrer sur les rives occidentales la même végétation que sur les côtes orientales, car il existe le long du littoral des baies de Passandava, de Mazamba, de Bombétok, des espèces qu’on n’a point jusqu’ici observées ailleurs. Si en réalité certaines plantes demeurent confinées sur des espaces restreints, ce sera l’indice de différences dans la nature du sol, dans des conditions climatériques dont il importera de s’assurer. Dans la flore des environs de Foulepointe, de Tamatave, d’Ivondrou, nous avons cité un charmant arbrisseau de la famille des combrètes portant de superbes fleurs rouges; un arbrisseau du même genre à fleurs violettes se trouve à la baie de Diego-Suarez, d’autres à fleurs blanches à la baie de Bombétok [2]. Plusieurs espèces de terminalias n’ont été remarquées également qu’au nord de la Grande-Terre, ainsi que des dombeyas à fleurs jaunes, des passiflores, des salacias, et nombre d’espèces appartenant à divers genres. Une astéropéia très distincte de celle qu’on admire près des lacs Rasouabé et Imasoa a été découverte dans les forêts de la baie de Diego-Suarez [3]. Sur les plages du nord-ouest, on voit le henné épineux [4], dont les Orientaux font usage depuis l’antiquité, — il aura été apporté par les Arabes; dans cette partie de la grande île africaine, le tanghin n’existe pas. Autour de la baie de Bombétok, près de la ville fameuse de Madsanga, sont très répandus des arbres de la famille des légumineuses, les uns à fleurs rosées, les autres à fleurs rouges, des érythroxyles, des bignonias, que personne n’a rencontrés sur la côte orientale [5].

Le littoral de Madagascar, de la baie de Saint-Augustin à la baie de Bouëni, on s’en souvient, est partout cité comme une région désolée; du sable, des arbres rabougris et clair-semés, les explorateurs n’ont pas vu autre chose. Aussi est-il de quelque intérêt de voir la récolte d’un botaniste dans ses courses à travers cette

  1. Maundrell, A Visit in the North-East province of Madagascar; — The Journal of the royal geographical Society, t. XXXVII, 1867.
  2. Pœvrea violacea, P. albiflora, P. villosa, décrits par M. Tulasns.
  3. Asteropeia amblyocarpa, Tulasne.
  4. Lawsonia alba, de la famille des lythrariées.
  5. Dahlbergia (Chadsia) versicolor, D. flammea, Bojer, de la famille des légumineuses. Erythroxylon jossinioïdes, de la famille des érythroxylées. Bignonia euphorbioïdes.