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Page:Revue des Deux Mondes - 1872 - tome 100.djvu/679

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Les courans d’induction provoquent des contractions plus énergiques, mais d’une énergie qui ne dure pas et fait place, si l’électrisation se prolonge, à la rigidité cadavérique. La contraction musculaire déterminée en pareil cas est accompagnée d’une élévation locale de température proportionnelle à la force et à la durée de l’action électrique. Cet échauffement atteint son maximum, qui peut être de 4 degrés dans certains cas, pendant les quatre ou cinq minutes qui suivent le moment où l’on a cessé d’électriser ; il est dû à la contraction musculaire elle-même, qui donne toujours lieu à un dégagement de chaleur.

L’action sur les nerfs est fort compliquée. Elle se traduit par des mouvemens et des sensations d’intensité très variable. MM. Onimus et Legros en résument ainsi les lois fondamentales : lorsqu’on opère sur les nerfs moteurs, on voit que le courant direct ou descendant agit avec plus d’énergie que l’autre ; c’est l’inverse pour les nerfs sensitifs. L’excitabilité des nerfs mixtes est diminuée par le courant direct et accrue par le courant inverse. Voilà pour les courans de la pile. Les courans d’induction se comportent d’une façon différente. Tandis que la sensation provoquée par les premiers est presque insignifiante, les seconds, outre la contraction permanente du muscle, produisent une douleur qui persiste tant que le nerf conserve son excitabilité. — La moelle épinière est une des parties les plus actives de l’économie. Sous forme d’un gros cordon blanchâtre, logé dans l’intérieur de la colonne vertébrale, elle constitue un véritable prolongement du cerveau, qu’elle supplée dans beaucoup de circonstances. Dépositaire inconsciente d’une partie de la force qui anime les membres, elle leur peut transmettre, par les nerfs qu’elle leur envoie, l’ordre et le moyen de se mouvoir, sans que l’encéphale en soit averti. C’est ce qui arrive dans les mouvemens qu’on appelle réflexes, et qui se produisent, sur des animaux décapités, par une simple excitation, directe ou indirecte, de la moelle épinière. Voici quelques expériences qui montrent l’action de l’électricité sur les phénomènes dont la moelle est le siège. Si l’on plonge une grenouille dans de l’eau tiède, possédant une température de 40 degrés, elle perd la respiration, le sentiment, le mouvement, et ne tarderait pas à mourir, si on l’y maintenait longtemps. Retirée de l’eau à temps et soumise ainsi à l’influence du courant, elle se contracte énergiquement lorsqu’on électrise sa colonne vertébrale avec un courant ascendant ; il n’y a pas de mouvement lorsqu’on emploie le courant descendant. D’autre part, si l’on applique ce dernier à un animal décapité, sur lequel on provoque des mouvemens réflexes par une excitation de la moelle, on constate qu’il tend à les paralyser. En général, — c’est une loi découverte par MM.