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Page:Revue des Deux Mondes - 1872 - tome 100.djvu/638

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d’une valeur bien incertaine. Les auteurs n’ont vu du pays que le littoral, reconnu les limites des provinces et des districts que par les embouchures des fleuves ; — il y a les Sakalaves du sud ou du Ménabe et les Sakalaves de Bouëni et de Bombétok. Selon la croyance générale, cette nation, autrefois établie dans le Ménabé, que limite au sud la rivière Anoulahine ou de Saint-Augustin, s’est étendue successivement par la conquête jusqu’au nord de Madagascar ; rencontrant de petites colonies d’Arabes, l’association s’est faite. Peut-être convient-il de rechercher si l’influence des hommes venus des bords de la Mer-Rouge et disséminés sur une infinité de points des côtes de Madagascar n’explique pas des ressemblances remarquables dans les usages, dans l’industrie, dans les superstitions des peuples de la Grande-Terre, qui ne sont liés ni par une commune origine ni par un mélange absolu.

Au temps où Madagascar était le théâtre des singuliers événemens politiques et des recherches de géographie dont nous venons de rappeler le souvenir, l’histoire naturelle du pays devenait l’objet d’un intérêt spécial, — des voyageurs et des résidons apportaient ou envoyaient des plantes et des animaux. Il serait difficile de citer tous ceux qui ont contribué à faire connaître la flore et la faune également admirables de la grande île africaine, mais les noms de deux personne, de qualité différente s’imposent. Un capitaine d’artillerie de marine qui eut le commandement du fort de Sainte-Marie, M. Sganzin, s’est acquis considération dans la science par des observations nombreuses et des récoltes importantes. M. Goudot, ne se souciant que du profit matériel, avait adopté comme profession la récolte des plantes et particulièrement des animaux de Madagascar. Après avoir formé de grandes collections, il venait à Paris les débiter, afin d’en obtenir le plus d’argent possible ; c’est alors surtout que nos musées se sont enrichis d’une foule d’objets précieux qui nous instruisent sur la nature de l’île à tous égards séparée du reste du monde. D’abord M. Goudot séjournait au voisinage de la côte : plus tard, il eut de la reine Ranavalona la permission de monter à Tananarive ; ce fut pour le collecteur l’occasion de se marier avec une femme ova d’un magnifique embonpoint. Cette femme vint en France avec son mari s’occuper d’achats d’étoffes et de bijoux pour la reine ; on assura que c’était une princesse.


V

Après les actes de violence de l’année 1845, les Européens eurent peu de relations avec Madagascar. Cependant la nécessité, pour les colonies de Bourbon et de Maurice, de se procurer du bétail ramena