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Page:Revue des Deux Mondes - 1872 - tome 100.djvu/404

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NEGOCIATIONS AVEC L'ALLEMAGNE

LE TRAITÉ DE VERSAILLES.

Le traité conclu à Versailles le 29 juin 1872 continue la série des actes diplomatiques qui n’ont point cessé d’occuper, depuis la signature des préliminaires de paix, les gouvernemens de France et d’Allemagne. Il a pour objet de régler le paiement des 3 milliards qui sont encore dus par la France sur l’indemnité de guerre, ainsi que les conditions et les délais successifs pour l’évacuation du territoire. L’acquittement intégral de notre dette et la libération définitive de notre sol sont les deux questions capitales devant lesquelles pâlissent toutes les autres, et qui pèsent d’un poids bien lourd sur notre crédit et sur notre dignité. Déjà, par les conventions signées à Berlin le 12 octobre 1871, le gouvernement a obtenu la libération anticipée de six département en échange de concessions douanières accordées aux produits de l’Alsace-Lorraine. Le traité du 29 juin 1872 a été inspiré par la même pensée en même temps que par l’appréciation prudente de nos ressources financières. Nous avons à négocier sans relâche pour hâter l’heure à laquelle toute parcelle de terre française pourra devenir libre ; en face d’une dette énorme, nous devons faire en sorte que l’exécution de nos engagemens ne porte pas une atteinte trop profonde aux élémens de prospérité qui nous restent. Il est pénible d’étudier les documens diplomatiques qui ravivent à chaque ligne le souvenir de nos désastres. Il ne faut point cependant reculer devant cette tâche ingrate. La nation est intéressée à savoir avec quelle difficulté sont obtenues les concessions qui demeureront toujours en-deçà de ses